Société d’ethnologie https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie CC0 contact@societe-ethnologie.fr Que jamais le temps ne se brise Voici le récit d’un pèlerinage au mont de la Fleur, Huashan, le pic sacré de l’Ouest, en Chine, qui doit s’accomplir la nuit : la montée inéluctable, dangereuse, effrayante dans l’obscurité, permet d’atteindre le sommet pour y assister au lever du soleil. L’épuisement des corps, l’abandon progressif du réel diurne au pouvoir de la nuit, les paysages et les êtres qui la peuplent, ouvrent aux sens qui s’altèrent un monde prodigieux de visions et de réminiscences. Le corps se fait montagne cosmique. Ce périple joue le passage de la nuit au jour et la traversée permet d’arriver à « la perfection de son vrai moi ».
Sous l’écriture sage de l’érudition se dessine ici le cœur d’une initiation, bouleversement qui a permis à l’auteure de revêtir le manteau de brocart des initiés. Tout au long de son cheminement, elle offre un jardin de citations poétiques et un ensemble foisonnant de préceptes, facéties, récits, mythes, recettes, médecines, etc. Pendant la montée, le lecteur ébahi se régalera du Dragon flambeau, de la Femme ténèbres, des démons et des fantômes, des ronflements de tigres et des berceuses, des odeurs de soupes et de simples ; il apprendra les nuits sans sommeil, comment repousser les rêves et ce qui fait de l’espace d’encre noire un simulacre de jour, propice à la méditation.
La dynamique nocturne, créatrice de métamorphoses, est soutenue par des illustrations peignant le mystère et la beauté de la Chine ancienne. On se laisse porter par « le voyage comme un nuage », yunyou, et par la superbe écriture du livre, d’un extrême intérêt tant pour les sinologues que pour les curieux d’autres mondes.  

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3785 2024-02-07 Brigitte Baptandier Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Faire sa jeunesse dans les rues de Ouagadougou À Ouagadougou, les jeunes hommes qui vivent et dorment dans les rues s’appellent les bakoroman. Mais le plus souvent, et bien qu’ils n’aiment pas ça, on les appelle les « enfants de la rue ». Par le vol, la mendicité et les petits boulots, les bakoroman s’insèrent dans différentes niches de l’économie urbaine qui leur garantissent la survie au quotidien mais aussi l’accès à la modernité et aux loisirs, voire l’envoi occasionnel d’argent à leurs parents. La mobilité juvénile masculine constituant au Burkina Faso une forme historique de l’émancipation des cadets, rejoindre les rues de la capitale ne signe pas nécessairement une rupture des liens familiaux.
Si les bakoroman aiment se présenter comme des aventuriers à la recherche de l’argent, partis « faire leur jeunesse » à Ouagadougou, parviendront-ils un jour à s’installer dans la vie d’adulte et de chef de famille qu’ils se plaisent à projeter ? Leur vie marquée par l’illégalité, la violence et les drogues ne fait-elle pas obstacle à ce rêve toujours caressé d’un retour réussi, qui transformerait leur départ chaotique en une expérience d’affirmation individuelle ?
Issu de plusieurs années de recherches ethnographiques, cet ouvrage croise les descriptions du vécu quotidien, les trajectoires biographiques, les discours d’anciens bakoroman et ceux de membres de leur famille afin de présenter dans toute leur épaisseur ces vies tumultueuses. En miroir, les protagonistes de ce livre choral nous invitent à réfléchir à ce qui constitue une vie réussie dans le Burkina Faso d’aujourd’hui.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/2436 2024-01-12 Muriel Champy Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
La maison double Issu d’un long et minutieux travail de terrain (2006-2013) auprès de familles roms originaires de Roumanie et installées à Montreuil, en région parisienne, ce livre décrit la vie quotidienne et les parcours de personnes vivant dans deux pays à la fois. Pour elles, la migration s’est imposée comme le meilleur moyen de concrétiser des aspirations individuelles et familiales. Il faut alors vivre ensemble malgré la distance, s’approprier deux espaces de vie, concevoir et construire peu à peu sa maison en deux endroits. Ces maisonnées roms, devenues transnationales, ont développé ce que l’auteure a appelé un double ancrage.
Dans un contexte national de forte polarisation autour de politiques publiques répressives ou inclusives, cette recherche prend à rebours les approches attendues, privilégiant les échelles individuelles et familiales pour donner à voir un processus migratoire de première génération en train de s’inventer. Examinant par le menu les usages et détournements symboliques des biens matériels, tant au cours des migrations en France qu’au retour en Roumanie, l’auteure observe que les acteurs sociaux sont pris dans une économie de prestige, dans laquelle les dons en direction de ceux restés au pays prennent une place prépondérante.
Dans leur recherche du prestige individuel et familial à travers les signes d’une réussite matérielle, la maison, reprise ou construite en Roumanie, fait office d’emblème. Cette maison, observe finement Norah Benarrosh, semble devoir vivre dans un état de perpétuel inachèvement, afin de signifier que le projet de vie de ses propriétaires est toujours en devenir.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3238 2024-01-12 Norah Benarrosh-Orsoni Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
À l’épreuve de la possession Dans ce livre il est question de conversations fragiles avec les morts, d’une cassette funéraire déterrée au beau milieu d’une bananeraie, de séances de possession organisées par des associations scientifiques, de tiges de bambou qui attirent les âmes, d’expéditions menées secrètement à la recherche des corps égarés de milliers de soldats, d’un exorcisme difficile, de lutte contre la superstition et d’expérimentations sur « l’extra-sensorialité », de corps dont on ne sait plus très bien par qui ils sont animés.
Au Vietnam, plusieurs décennies de guerre et de changements politiques ont bouleversé les relations entre les vivants et les morts. Un nouveau rituel émerge, dans lequel des vivants prêtent leurs corps à des parents disparus, permettant à leurs familles de rétablir un contact avec eux et de renégocier la place des ancêtres.
Mais ces nouvelles pratiques suscitent débats et contestations. Ce livre fait la chronique de cette innovation rituelle, dont les enjeux sont loin de se limiter à une prise en charge du deuil : des relations familiales au sécularisme officiel du parti unique au pouvoir, ce sont de nombreux aspects de la société vietnamienne qui sont mis à l’épreuve de la possession. Cet ouvrage décrit une réalité en devenir : on y voit une forme rituelle en train de se stabiliser et, dans ces séances de possession marquées par l’incertitude, la parole des morts est elle-même mise à l’épreuve.
Fruit d’enquêtes de terrain menées dans le nord du Vietnam depuis 2007, ce livre entend contribuer à l’ethnographie des processus de sécularisation à l’œuvre dans le Vietnam contemporain, tout en élaborant une approche pragmatique des pratiques de possession.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3553 2024-01-12 Paul Sorrentino Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Un deuxième monde Au premier plan de l’actualité nationale, les sept millions de Kikuyu, principal groupe bantou du Kenya, sont connus depuis l’insurrection mau-mau de 1952 qui aboutit en 1963 à l’indépendance de cette ancienne colonie britannique. Près d’un demi-siècle plus tard, Michel Adam fait une incursion dans l’intimité de l’obscur chez les habitants paisibles de la circonscription d’Othaya, au pied du célèbre mont Kenya. Évoquant la mémoire toujours vivante d’un passé récent, l’auteur s’attache à décrire les transformations de la modernité : des rituels qui s’effacent, un patrimoine festif dissous dans les antiennes des nouvelles Églises, les tressaillements des conflits sociaux contemporains. Mais il laisse avant tout la parole à la nuit : l’amour et les contes, la chasse et la collecte du miel, les fantômes et les sorciers. L’aube et le crépuscule sont de faibles frontières entre soleil et lune qui se livrent un éternel combat. Accompagné par les illustrations de l’auteur, et guidé par un texte qui fourmille de notes précises et passionnantes, le lecteur voit la gazelle dik-dik, écoute l’engoulevent au crépuscule, sent le parfum des fleurs mellifères, goûte la garbure et (comme le disent les Kikuyu dans leur langue) « caresse les vaches » (guthathaya). Tout est dit avec la discrétion qui nous permet d’écouter chuchotements, non-dits et silence de cet « autre monde ».

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/2631 2023-11-14 Michel Adam Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Démons et Merveilles Tout nous parle de nuit, car nous sommes au Japon. Que l'on consulte les astrologues ; que l'on s'endorme dans le métro ; que s’entrouvre la terre qui laisse passer démons, esprits en colère, ou fantômes délicieux ; que s’allument les lanternes ou que brillent les lucioles, les frontières entre la nuit et le jour s’estompent et le monde des morts n’est séparé de celui des vivants que par un seul pont. Les illusions effacent un réel resurgissant dans des rituels qui, grâce à des pratiques du corps, des psalmodies, des théâtres, solidifient le monde pour un moment. Une explication surgit, aussitôt bousculée par une autre. Les ruses pour tromper les êtres dangereux ou s’approcher des dieux s’épanouissent, juridiques, rituelles ou ludiques. Jaillit, toujours recommencé, un mélange saisissant de religions et de concepts, de la Pénitence aux trois mille prosternations jusqu’aux humbles offrandes, bateaux de papier ou de paille. Cet auteur au savoir étourdissant conte en un style inventif et charnel le chant des crapauds, l’œil de Baku, le palais des rêves ou les calendriers subtils. Depuis des millénaires, empereurs, poètes, et tout un peuple, inventent ensemble les ombres et la lumière dans la nuit.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/2730 2023-11-14 Laurence Caillet Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
La nuit pour apprendre Les Yucuna d’Amazonie colombienne disent de la nuit qu’elle est le temps et l’espace qui libèrent les spectres, les démons et les entités nuisibles en quête de proies. C’est pour cela que la nuit n’est pas faite pour dormir, mais pour veiller et écouter l’observation, l’expérience et le savoir enseignés par le chamane. Grâce à tous les sens dont la nuit permet pleinement l’utilisation, la mémoire des paroles rituelles, des mythes, des incantations, peut s’amplifier. C’est à un parcours des pratiques quotidiennes et des profondeurs de la langue que nous invite ce livre. On y apprend l’origine des heures de repas aussi bien que les prières contre les maladies ; pourquoi le verbe « trancher à la hache » est celui qui décrit le miracle de la lumière dans l’obscurité de la canopée épaisse ; comment on use de la morphologie arawak pour décrire les objets — en forme de cône, de sphère, de mollets, de cheveux… C’est au creux de la langue que Fontaine nous parle de la « poudre d’ obscurité », celle qui se répand et qui enferme le monde : la nuit.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/2820 2023-11-14 Laurent Fontaine Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
La nuit de la parole Les cinq scènes qui se jouent dans ce livre répondent à deux questions : comment scruter ce qui n’est pas dit, ne s’entend pas, ne se touche pas, ne se voit pas, se cache ? Quoi de commun entre un bal de carnaval slave, la procession d’une Vierge andalouse, l’omerta mafieuse, la rêverie d’un juge cloîtré et la kizomba, danse en banlieue parisienne ? Interrogeant le mutisme de différentes sociétés, l’auteure en découvre la trame commune : les conceptions de la nuit et de son pouvoir métamorphique. La nuit possède une force d’action foudroyante, et, cachée sous nos logiques apparentes, les fait voler en éclats : comme elle, le silence révèle la possibilité de transformer notre vision du réel et nos modes de connaissance ; il dévoile une autre face du monde, des croyances et des habitudes sous-jacentes, redoutées ou interdites, conscientes ou inconscientes, accouchant d’un corps nouveau, transformant les objets, les hommes et les sociétés diurnes et parlantes. Le silence est une parole bousculée comme la nuit est une anamorphose du jour. Une anthropologie des sens est le terreau brûlant de ce travail : la reconnaissance impossible sous le masque, l’ouïe trompée par un silence canonique ou mafieux, une Vierge muette chahutée comme une femme, l’art domestique d’un homme perdu, le toucher drastiquement contraint d’une danse qui saisit le corps entier. Ce point crucial induit chez l’enquêtrice, observatrice et participante, une remarquable ethnographie du soi.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3070 2023-11-14 Deborah Puccio-Den Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Le rapport frère/sœur, pierre de touche de la parenté Dans cet essai, Françoise Héritier s’interroge sur l’importance du rapport frère/sœur comme pierre de touche de la parenté en général. Elle entend montrer que de tous les critères retenus par la pensée, celui-là plus que d’autres sert de fédérateur et de révélateur. Les systèmes de dénomination des apparentés, si on les prend comme un tout, présentent des combinaisons de critères dont la pertinence a été reconnue et analysée par l’anthropologie. Le rapport frère/sœur et ce qui en découle dans les appellations entre collatéraux et alliés (beaux-frères/belles-sœurs), ainsi que les prescriptions ou prohibitions matrimoniales qui en résultent, montrent une prééminence du frère sur la sœur, traduite en termes de génération. Le principe clé est qu’un degré de collatéralité orientée (du frère vers la sœur) équivaut à un degré de filiation. On perçoit, à ce niveau d’analyse, que les différents systèmes structuraux de la parenté se sont constitués parallèlement à l’édiction d’une valence différentielle des sexes, principe universel de l’organisation du social. Le rapport frère/sœur, envisagé cognitivement comme un rapport aîné/cadet, implique un rapport de dominance sexuée du même type que celui qui caractérise le rapport parent/enfant où l’antériorité, validée par la longue expérience néoténique des humains, est le critère implicite de la domination.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3617 2023-11-14 Françoise Héritier Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Une histoire de la nuit est-elle possible ? Une histoire de la nuit est-elle possible ? Poser ainsi la question, c’est y répondre positivement, mais au rebours de l’historiographie qui considère le jour comme le seul cadre temporel digne d’analyse. Loin d’être seulement « faite pour dormir », la nuit possède cependant ses coutumes et ses rythmes, assortis en Europe à la multitude des régions et des milieux sociaux. Jouant du ressort de la peur du crime, les pouvoirs régaliens ont tenté depuis longtemps — mais pas toujours avec succès — de contrôler la vie nocturne, notamment par le moyen de la police urbaine et de l’éclairage public. Ces intrusions sécuritaires sont à leur tour à l’origine d’une transformation de la vie nocturne.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3303 2023-11-13 Alain Cabantous Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Le monde à l’épreuve de l’asile Le problème des réfugiés, qui se pose avec acuité depuis un siècle, a connu au cours de la période récente de tragiques développements en raison de l’accroissement de la population fuyant les guerres, les persécutions, les catastrophes et la paupérisation, mais aussi et surtout à cause des réactions d’hostilité et de rejet observées en maints endroits de la planète. Ayant conduit pendant une quinzaine d’années des enquêtes sur l’asile en France et plus récemment en Afrique du Sud, Didier Fassin propose de reconsidérer ce que nous croyons savoir mais ne parvenons plus à penser autour de cette « question réfugiée » à travers une triple approche : généalogique, afin de remonter aux origines de l’asile ; géographique, pour rendre compte de la mondialisation de ses enjeux ; ethnographique, en s’attachant aux pratiques ordinaires d’octroi de la protection. Il révèle ainsi les intermittences de l’hospitalité, l’inégale distribution des réfugiés entre les nations et les profondes mutations de l’économie morale de l’asile. La forme de vie imposée aux nomades forcés devient ainsi une clé de lecture du monde contemporain.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3341 2023-11-13 Didier Fassin Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Une anthropologie des polémiques à enjeux religieux : le cas des affaires de blasphème Depuis 1989, Jeanne Favret-Saada s’est donné comme objet de recherche les affaires contemporaines de blasphème, comprises dans le cadre plus général des polémiques publiques à enjeux religieux. Elle a programmé l’examen de cas survenus depuis les années 1960 dans des États qui ont inscrit parmi leurs principes fondamentaux la séparation du politique et du religieux. Ils concernent deux ensembles religieux : d’une part, les christianismes, sur lesquels elle prépare actuellement un ouvrage ; et d’autre part, les islams, sur lesquels elle a publié un premier livre qui traite de l’affaire danoise des dessins de Mahomet en 2005-2006. Ce travail sur des cas vise leur mise en série comparative et historique.
Or ce phénomène des accusations publiques de blasphème, qui occupe si souvent la une de nos journaux depuis vingt-cinq ans, est demeuré un non-sujet absolu pour l’ethnologie et la sociologie, sans que la moindre justification soit donnée à cette abstention. Jeanne Favret-Saada s’interroge sur cette situation, et développe quelques orientations de son travail en cours.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3398 2023-11-10 Jeanne Favret-Saada Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Roms en Europe, sous le regard de trois ethnologues Comment présenter les Roms en général quand on n’a rencontré que des Roms en particulier ? C’est la difficulté à laquelle se sont confrontés les orateurs de la Conférence Eugène Fleischmann 2014, trois ethnologues des « Roms/Tsiganes » invités à présenter la situation des Roms en Europe. En s’attachant à des thèmes fréquemment traités par les médias mais souvent mal connus du grand public, ils nous livrent ici, comme autant de réponses à cette « question rom » toujours mal posée, des fragments de l’insaisissable totalité rom/tsigane/bohémienne/gitane/romanichelle…

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/3472 2023-11-10 Patrick Williams, Martin Olivera et Victor Alexandre Stoichita Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Femmes indisciplinées Des hommes en Amazonie trouvent intolérable l’idée que les femmes portent des ornements de plume ou jouent de la flûte. Des hommes de la Renaissance italienne s’émouvaient de la transgression des femmes chanteuses. Stephen Hugh-Jones note les similitudes entre ces deux conceptions aux antipodes et dégage une philosophie du corps-tube.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/1653 2023-03-14 Stephen Hugh-Jones, Michel Adam et Christine Langlois Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Nature, culture et inégalités Dans cette conférence inédite, Thomas Piketty présente une synthèse de ses recherches historiques et comparatives sur les inégalités. Abordant des thèmes aussi variés que l’éducation, l’héritage, la crise climatique, la taxation des richesses ou les inégalités de genre, il bat en brèche l’idée qu’il pourrait exister des inégalités naturelles et montre que la marche vers l’égalité se construit toujours par des luttes politique et sociales.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/1678 2023-03-14 Thomas Piketty Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Quelle théorie du comportement pour les sciences sociales ? Selon une boutade d’Amartya Sen, la théorie économique traite l’homo œconomicus comme un rational idiot : c’est parce qu’il est un calculateur rationnel qu’il produit dans maintes circonstances des résultats indésirables, non seulement d’un point de vue collectif, mais même de son propre point de vue. En outre, ce modèle rend inintelligible une multitude de comportements pourtant banals, comme le vote.
S’inspirant de la boutade de Sen, on peut avancer que la sociologie, la science politique, la psychosociologie et l’anthropologie prêtent souvent a contrario à leur homo sociologicus les traits d’un irrational idiot, croyant ce qu’il croit ou faisant ce qu’il fait sous l’effet de forces sociales et culturelles, de forces psychologiques ou de forces biologiques : par exemple parce que c’est ce qu’on croit ou fait autour de lui.
Les deux modèles ont un intérêt scientifique qui transcende les disciplines particulières. Cela explique qu’ils soient solidement installés. Mais ils sont souvent utilisés à contre-emploi. Or, comme l’ont enseigné les plus grands, les sciences sociales ne sont pas condamnées à un dilemme porteur à la fois d’inefficacité scientifique et d’une représentation schizophrénique de l’acteur social.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/1034 2022-12-16 Raymond Boudon Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Hiérarchie et sacrifice en Chine ancienne Le sacrifice est un dispositif symbolique qui assure la séparation non seulement entre hommes et dieux, mais des hommes entre eux.
En Chine, l’organisation générale des offrandes au Ciel et aux ancêtres avec sa cuisine mimant l’assaisonnement de tous les êtres dans le chaudron de l’univers, avec sa communion autour du grand banquet sacrificiel, avec sa répartition en cascade des restes déterminant classes et hiérarchies, vise à imposer un ordre parfait à toute la terre sous le Ciel. C’est pourquoi Confucius a pu dire : « Celui qui maîtriserait parfaitement l’ordonnance du grand sacrifice aux ancêtres gouvernerait l’empire aussi facilement que je tourne la paume de ma main », c’est aussi pourquoi il a pu servir de matrice à un régime absolutiste et centralisé lorsque les collèges cultuels se sont trouvés vidés de leur substance religieuse et de leur fonction sociale. L’immanence propre aux gestes sacrificiels s’est convertie en pure transcendance de l’appareil d’État.
Si, comme a pu le dire Marcel Détienne, la notion de « sacrifice » est une catégorie de la pensée d’hier, aussi arbitraire que celle de totémisme, il n’en reste pas moins que le système sacrificiel chinois fournit un cas exemplaire de sa réalité opératoire.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/1174 2022-12-16 Jean Levi Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Les Lumières en anthropologie ? Personnalité singulière de l’anthropologie américaine, Marshall Sahlins montre dans ce plaidoyer anti-évolutionniste que les changements socio-culturels observés chez différents peuples ne représentent pas une rupture par rapport à une longue histoire prétendument « immobile ». Il n’y a pas de peuple « sans histoire » comme on l’a parfois prétendu en Occident depuis l’époque des Lumières.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/1236 2022-12-16 Marshall Sahlins Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie
Charisme et royauté Se référant aux catégories bien connues de Max Weber, Luc De Heusch s’interroge dans cet essai sur la part du charisme dans la dévolution du pouvoir politique en général, en Afrique… ou ailleurs.

]]>
https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/societe-ethnologie/1277 2022-12-16 Luc De Heusch Société d’ethnologie fr Société d’ethnologie