Société des Océanistes https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo CC0 sdo@quaibranly.fr Le Nombril du Monde L’île de Pâques, Rapa Nui, te Pito o te Henua… des noms évocateurs d’une terre que l’on imagine inhabitée et hantée par les mystères d’une civilisation disparue et qui aurait, elle-même, précipité son effondrement. En dépit de ces clichés, ces appellations sont porteuses d’une autre histoire. Cet ouvrage parcourt près de deux siècles d’expériences d’enfermement, de mobilité et d’enracinement hors de l’île au cours desquels une identité autochtone a pris forme. L’auteur montre de quelle manière cette société – après avoir connu de violentes déportations – a su renaître localement et dans la diaspora dès la deuxième moitié du XIXe siècle, et comment ces expériences se sont poursuivies dans le temps, aboutissant à la mise en place d’une nouvelle identité rapanui au XXIe siècle que les habitants de l’île qualifient de « polynésienne », « mā‘ori » ou encore « mā‘ohi ».

En effet, à partir de 1888, date à laquelle le Chili a officiellement annexé l’île par un traité, par la suite non respecté, les Rapanui se sont opposés aux lois et identités assignées par cet État latino-américain dont ils font toujours partie officiellement. Mais ils se sont aussi incorporés à ce pays en tant que citoyens, qu’ethnie indigène, qu’habitants d’un territoire stratégique, par ailleurs déclaré patrimoine national et mondial. Toutefois, au fil du temps et de leurs déplacements, c’est la Polynésie – et non l’Amérique du Sud –, à laquelle ils se sentent liés historiquement, qui est devenue le référent de leur identité culturelle, laquelle nourrit aujourd’hui un fort désir d’autonomie et de décolonisation vis-à-vis du Chili.

Les Rapanui ont su tisser de profonds liens réels et imaginaires, à la fois culturels, mémoriels, politiques ainsi qu’identitaires avec le Chili, Tahiti et bien d’autres îles polynésiennes. Dans ce processus sans fin de création de leur société, l’île est devenue leur kāiŋa, c’est-à-dire leur pays, leur terre nourricière, leur terre d’origine, la terre de leur dernier repos, et cela, même quand ils sont nés et ont vécu une grande partie de leur vie ailleurs.

Elle est aussi ce lieu que les Rapanui s’efforcent de protéger pour pouvoir le léguer aux nouvelles générations. Ainsi, dans ce processus dynamique de création de liens et de transmission mémorielle, Rapa Nui est devenue le « nombril du monde » – te pito o te henua – des Rapanui dans leur intégration globale, au-delà de l’île de Pâques.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1646 2024-01-16 Diego Muñoz Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Tiki, Ti’i, Ki’i… Ce dossier s’attache à présenter tant le personnage connu sous le nom de Tiki ou Ti’i en Polynésie, que les figurations anthropomorphes du même nom.
L’évocation de quelques cosmogonies et mythologies essentielles permet de situer ce personnage qui apparaît ainsi comme le premier homme, maillon initial d’une longue histoire et comme le parangon des ancêtres déifiés vénérés par les Polynésiens. Les auteurs propose ensuite une analyse des formes et fonctions des tiki des Marquises et des ti’i des îles de la Société. Un chapitre est consacré à la grande famille des figurations anthropomorphes de l’aire culturelle polynésienne. Enfin, le tiki est envisagé dans son contexte contemporain : artistes océaniens et du monde puisent en cette figure emblématique ancestrale toutes sortes d’images. D’un domaine lié au sacré dans les cultures de Polynésie, le tiki s’inscrit désormais dans un système mondialisé, mêlant art, commerce, spectacle, patrimoine.
 

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1589 2016-07-13 Hélène Guiot et Marie-Noëlle Ottino-Garanger Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Hiva Oa (1901-1903) En 1891, à peine arrivé à Tahiti, Gauguin découvre l'art des îles Marquises : il s'enthousiasme et décide de gagner l'archipel pour y poursuivre son œuvre. Il n'y parviendra que dix ans plus tard.

Mais quand il s'installe à Hiva Oa, la société marquisienne est très durement éprouvée par un siècle d'une rude confrontation avec l'occident. La démographie s'effondre ; les traditions sont menacées ; pour beaucoup d'observateurs la fin est proche.

Pourtant, contrairement à ce qu'a cru deviner Victor Segalen, les Marquises n'ont pas été qu'un « décor » aux yeux de Gauguin, et les Marquisiens, ont été pour lui bien plus et bien mieux que des « comparses ». Durant deux ans (1901-1903) s'est noué un intense dialogue créateur.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1568 2016-06-26 Jacques Bayle-Ottenheim Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Tahiti aux temps anciens Document d'une valeur inestimable, le recueil rassemblé au milieu du xixe siècle par le révérend John M. Orsmond (1784-1856) qui avait pris en note, mot pour mot, tout ce qui lui avait été confié des traditions tahitiennes, telles qu'elles sont transmises de génération en génération par les prêtres et les conteurs ma'ohi, dit-on, a malheureusement disparu après avoir été confié à l'administration coloniale française. Teuira Henry (1847-1915), petite-fille du pasteur Orsmond, a consacré une longue partie de son existence à reconstituer l'ouvrage de son grand-père, en mobilisant ses souvenirs et les notes et documents préparatoires qu il avait réunis. Mais, élevée dans le respect des valeurs missionnaires de l'époque, Teuira Henry n'est pas un témoin neutre. Elle a pratiqué à l'occasion la censure, effectuant des coupes dans le texte ou l'édulcorant, et s'est risquée parfois à des interprétations hasardeuses. On peut ainsi déchiffrer, superposée au témoignage sur l'âme de la Polynésie d'autrefois, une histoire des interrogations, voire des errements de l'Occident au contact d'une civilisation inconnue.

L'édition originale de Tahiti aux temps anciens a été publiée en 1928 par le Bishop Museum d'Honolulu. Sa traduction française, réalisée par Bertrand Jaunez, a été éditée pour la première fois par la Société des Océanistes en 1951, avec un index établi par Valérie Samouel et Alain Bergaet. Sous sa forme actuelle, il a été réédité par la Société des Océanistes en 2004, avec une nouvelle couverture.

Rassemblant des textes sur les plus anciennes traditions de la culture tahitienne : la religion, la magie, la guerre, la vie sociale ; de nombreux chants et récits souvent donnés en langue indigène avec traduction ; d'innombrables généalogies et plus de deux mille noms indigènes cités..., cet ouvrage est le « classique » sur Tahiti. Premier volume de la collection Publications de la Société des Océanistes (SdO), dont c'est ici la 7e réédition, il constitue toujours, avec les Mémoires d'Arii Taimai (Publications de la SdO 12) et les Mémoires de la reine Marau Taaroa (Publications de la SdO 27), l'une des sources les plus précieuses sur la civilisation, la langue et l'histoire des îles de la Société.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1402 2015-11-30 Henry Teuira et Bertrand Jaunez Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Les pirogues, reflets de la Polynésie Dans toute la Polynésie, l’océan et les êtres qui y vivent avaient leur dieu tutélaire. Aux Samoa, la mer naquit de la sueur de Tagaloa, lors de son travail de création du monde. A Tahiti, ce dieu important comptait un grand nombre de messagers : le requin, les oiseaux ; la baleine était son ombre et la raie son marae. Lors des tempêtes, les navigateurs adressaient des prières à l’albatros afin qu’il calme les flots et vole à leur secours.
Le récit des périples mythiques des ancêtres déifiés et l’enseignement des spécialistes contribuaient à former le marin en lui apprenant à connaître parfaitement son environnement. Une étroite symbiose s’instaurait entre le navigateur et la totalité de l’océan. Faisant partie lui-même de l’univers au même titre qu’une étoile, une vague, un oiseau, un coquillage, son voyage n’était pas un défi ou une provocation, mais plutôt une rencontre ; seul le respect de son environnement marin lui permettait d’arriver à destination.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1283 2015-09-07 Hélène Guiot Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Le travail du mythe Cet ouvrage posthume de Bernard Juillerat élève le mythe au rang d’« “objet transitionnel” entre l’inconscient individuel et la société » et permet de repenser encore une fois des questions dont l’intérêt excède évidemment le domaine mélanésien, notamment la sexualité, la procréation, la parentalité, la filiation, l’émergence du social ou la mort.
À partir de l’analyse comparative d’un corpus de mythes mélanésiens, essentiellement néo-guinéens, Bernard Juillerat en dégage la logique sémantique globale, en repérant les thèmes disséminés à travers les récits de multiples sociétés qui prennent sens comme autant d’éléments de configurations inconscientes universelles. La transmission orale des mythes, qui véhicule ce sens, contribue surtout à le produire à travers les transformations que leur répétition induit inévitablement au cours du temps. Ainsi, comme il l’écrit, le « sens n’est pas préétabli avant même que le mythe n’existe socialement : il se constitue dans une poussée de la pensée qui, par la médiation du récit, passe dans la parole et devient un bien culturel transmissible ». Au cœur des mythes réside la question des conflits permanents entre la jouissance individuelle et la construction du social qui travaille à sa domestication, le mythe parlant des « concessions que le sujet doit concéder au social pour maîtriser sa part “naturelle” ». Ainsi la pensée mythique fait-elle resurgir ce que la société a refoulé comme non socialisable.
Dans la première partie, l’auteur traite des héros phalliques, personnalités solitaires, narcissiques et pulsionnelles qui défient l’ordre social et auxquelles appartiennent notamment les figures répandues des changeurs de peau. La deuxième partie porte sur les héros œdipiens, personnages disposant d’un accès privilégié à l’abondance – qu’elle se dise en termes de richesses matérielles ou de femmes. Ces types de héros vécurent sous le règne du principe de plaisir avant qu’une transgression individuelle n’y mette fin en provoquant l’apparition du principe de réalité qui régit désormais la vie de la société. La troisième et dernière partie concerne l’intrication mythique des thèmes de l’amour, de la mort et de l’abondance. L’analyse se termine sur l’observation qu’une structure ternaire apparaît commune à la presque totalité des récits.
Écrit de façon claire et avec la sobriété qui était coutumière à l’auteur, ce livre offre un large panorama de mythes dans lesquels les ethnologues de la Nouvelle-Guinée en particulier retrouveront des échos familiers des récits qu’ils connaissent. L’interprétation qu’en livre Bernard Juillerat ici entend mettre en évidence les récurrences thématiques qui se font jour entre eux, sans chercher à les contextualiser de façon spécifique. Il n’est donc fait référence, par exemple, ni aux rites susceptibles d’être associés à ces mythes et de les éclairer, ni aux modalités sociales de leur énonciation.
 

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1213 2014-07-17 Bernard Juillerat, Isabelle Leblic et Philippe Peltier Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Tatouages d’Océanie Ce dossier synthétise les connaissances disponibles sur le thème du tatouage en Océanie à partir de sources ethnographiques anciennes peu exploitées et à partir des recherches récentes menées par l’auteur en Polynésie occidentale. Faisant suite à l’exposition Tatoueurs-Tatoués présentée au musée du quai Branly, les pratiques océaniennes de tatouage y sont abordées sous l’angle des traditions orales, de la technique, du rôle des experts rituels, des corpus iconographiques et de leur circulation dans des réseaux d’échanges régionaux, puis sous celui de leur mise en œuvre dans des logiques sociales indigènes.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1185 2014-05-27 Sébastien Galliot et Isabelle Leblic Société des Océanistes fr Société des Océanistes
À la recherche de la Polynésie d’autrefois. Volume 1 Après l’Ancient Tahiti et le Journal de James Morrison, la présentation en français des Polynesian Researches d’Ellis était une des ambitions de la Société des Océanistes. Ce texte si important se devait d’être entre les mains des étudiants et des chercheurs intéressés par l’histoire du Pacifique et de ses civilisations.

 

Un de nos membres, dont la générosité égale la modestie, à défaut de pouvoir lui-même tenir la plume comme il l’avait fait pour l’œuvre de Teuira Henry, nous permit de mettre en chantier cette traduction d’Ellis.

 

Quatre volumes de plus de 400 pages chacun !... Ce n’était pas là une petite affaire. Divers incidents de parcours vinrent, de plus, retarder l’œuvre entreprise et obliger pratiquement à une révision totale de l’interprétation initiale pour mieux serrer le texte et proposer au lecteur une traduction aussi lisible et aussi exacte que possible.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1088 2014-04-04 William Ellis, Marie Sergueiew et Colette de Buyer-Mimeure Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Lapita calédonien Ce livre est la première synthèse générale sur le peuplement de la Nouvelle-Calédonie suite à l'expansion maritime austronésienne d'il y a un peu plus de trois mille ans à travers le Pacifique Sud-Ouest. Son marqueur archéologique le plus spécifique est un type de poteries composites décorées de motifs géométriques pointillés, dénommé « Lapita » en référence à un site de cet archipel du sud de la Mélanésie. Ce peuplement est caractérisé par l'implantation de groupes de navigateurs-découvreurs parlant des langues austronésiennes (originaires d'Asie du Sud-Est) et transportant un bagage culturel de type néolithique.

 

Dans les espaces insulaires, définir les caractéristiques d'une société de premier peuplement est indispensable pour reconstituer les évolutions culturelles ayant progressivement transformé les traditions développées au cours des millénaires suivants. Pour le Pacifique, si les travaux menés dans le nord de la Mélanésie (Nouvelle-Guinée, archipel Bismarck, grandes îles des Salomon) ont permis de montrer une présence humaine remontant au Paléolithique supérieur, l'Océanie lointaine (au-delà des îles Salomon) ne semble pas avoir été occupée avant l'Holocène.

 

Après avoir précisé le concept de Lapita, l'ouvrage présente les données de terrain obtenues sur cette période. L'analyse renouvelée des ensembles stratigraphiques et des datations au carbone 14 qui leur sont associées permet de réduire des quatre cinquièmes la chronologie Lapita de Nouvelle-Calédonie ordinairement acceptée. Le premier peuplement est daté de 1100-1050 avant JC et la fin de la réalisation de poteries décorées de pointillés est survenue entre 800 et 750 avant JC La richesse de la collection de poteries Lapita découvertes en Nouvelle-Calédonie, autorise une synthèse quasi complète de cette tradition céramique. Associées aux évolutions des productions non céramiques, les données archéologiques montrent l'existence de dynamiques d'adaptation rapide des groupes de premier peuplement au cours des premiers siècles de l'occupation de l'archipel. L'identification d'une continuité culturelle entre la période Lapita et ce qui suit vient réfuter l'idée d'un « remplacement de population » à la fin de la période Lapita en Mélanésie.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1128 2014-04-04 Christophe Sand Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Les derniers jours de la Troisième République à Tahiti, 1938-1940 Dans le contexte des événements qui, en 1940, ont bouleversé le monde, le ralliement des Établissements Français de l’Océanie au général de Gaulle n’a constitué qu’un incident. Pour mineur qu’il ait été, celui-ci n’en prend pas moins place dans une fresque dont l’éclairage, par trop orienté, laisse dans l’ombre certaines réalités et fausse, du même coup, la perspective d’ensemble.

 

On était pourtant en droit d’espérer, qu’avec le recul du temps, les passions se calmeraient et que cet apaisement serait de nature à favoriser une certaine objectivité. Tel ne semble pas être le cas si l’on en juge par les ouvrages relatant les événements dont Tahiti a été le théâtre, voici pourtant plus de trente années.

 

Force est donc d’admettre que ces événements sont de ceux que, seule, la postérité sera à même de juger en toute impartialité. Mais, pour qu’il en soit ainsi, encore faudrait-il que les historiens puissent disposer de dossiers complets, c’est-à-dire renfermant les différents points de vue. C’est à cette fin qu’ont été rédigées les pages qui suivent. Assorties d’un certain nombre de documents, elles n’ont d’autre prétention que celle d’apporter un témoignage qui, confronté avec ceux déjà fournis, devrait permettre une appréciation moins partisane.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1155 2014-04-04 Jean Chastenet de Gery Société des Océanistes fr Société des Océanistes
L’écriture de Gauguin Parler d’écriture, dans le langage des Beaux-Arts, c’est en général s’intéresser au substrat graphique d’une peinture, au trait des dessins d’un artiste, aux éléments linéaires de ses compositions.

 

Comme l’indique le sous-titre de cet article, c’est dans son acception plus stricte et plus formelle que nous entendons le terme écriture placé en tête de cette recherche. Notre propos est vraiment d’étudier la façon personnelle dont Gauguin, devenu adulte, traduisait sa pensée par les signes alphabétiques conventionnels dont ses maîtres d’école lui avaient appris l’usage dans ses jeunes années. Puis de tirer de cette étude toutes les lumières possibles concernant sa personnalité et son caractère.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1163 2014-04-04 Madeleine Tavernier et Patrick O’Reilly Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Rank and Status in Polynesia and Melanesia One of the less fortunate legacies that we who practice ethnography in Oceania have given the scholarly world is the stereotype of the Melanesian leader as "Big Man".

 

The designation "Big Man", derived literally from the metaphor commonly used in Austronesian languages or from the Neo-Melanesian Pidgin lexicon, has come to denote a "pure type" or "species" of leadership, authority and government. (Rightly or wrongly, ethnographic sources usually ignore women's role in government, although they may have significant impact).

 

In countless introductory anthropology courses students are asked to accept and perpetuate the cliches that Melanesian leaders typify achieved rather than ascribed status, that Melanesian leaders are archetypal symbols of primitive capitalistic competition, and that Melanesian leadership represents an inferior form.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/938 2014-04-03 Douglas L. Oliver Société des Océanistes en Société des Océanistes
Gens de Motlav Bernard Vienne, chercheur éminent de l'Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre Mer, travaille depuis de longues années au Vanuatu (ex Nouvelles-Hébrides) et plus particulièrement aux îles Banks dans le nord de l'archipel. Il reprend les travaux classiques du Révérend Codrington (The Melanesians, Studies in their anthropology and folklore) et de W.H. Rivers, fondateur de l'école d'anthropologie sociale britannique (History of the Melanesian Society).

Bernard Vienne a su aller patiemment plus loin, à partir des recherches déjà connues, et sans mépris pour ses prédécesseurs. Le résultat est une synthèse très neuve, où tout est repris en compte, où les matériaux sont originaux pour la plus grande part et qui répond définitivement à certaines hypothèses théoriques. Nous apprenons aussi comment s'imbriquent aux alliances matrimoniales les stratégies foncières en vue de l'accès aux meilleures terres à ignames, comment les systèmes de parenté s'organisent globalement pour l'ensemble des groupes et comment les familles glissent lentement d'une île à l'autre, les zones les moins peuplées de Vanua Lava se remplissant d'habi-tants nouveaux en fonction d'une politique concertée et consciente.

Comment en fait, un peuple s'est géré tout seul, en dehors des structures coloniales qui l'ignoraient et dont il savait se protéger ; comment il a su aussi admirablement régler ses problèmes tout en restant fondamentalement lui-même. La pro-tection de la Melanesian Mission, anglicane et « high church », n'a pas été étrangère à cette réussite.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/961 2014-04-03 Bernard Vienne Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Les premiers romans polynésiens Depuis une vingtaine d’années, de nouvelles voix se font entendre dans le Pacifique Sud. Les Polynésiens eux-mêmes nous parlent désormais de ce coin du monde qui ne semblait inspirer jusqu’à présent que les écrivains européens. Depuis les voyages du Capitaine Cook, ces îles lointaines ont enfiévré l’imagination européenne qui a produit pour ses lecteurs nombre de récits enchanteurs, tableaux idylliques, décors édéniques pour bons sauvages, et autres ingrédients de la littérature exotique.

Quelles sont donc ces voix polynésiennes ?

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/982 2014-04-03 Sonia Lacabanne Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Technologie traditionnelle à Wallis Le but de ce travail a été d’étudier le fonctionnement du corps de métier de tufuga, nom que l’on donne aux charpentiers traditionnels de l’île Wallis.

 

J’avais observé que les tufuga maniaient l’herminette avec d’autres outils pendant une construction. J’avais moi-même utilisé l’herminette avec un oncle tufuga pour confectionner un kumete (plat usuel) et je m’étais rendu compte qu’il avait une technique précise pour construire ce plat dans la masse et qu’il procédait par étapes. J’avais été étonné de voir avec quelle aisance il avait taillé le bois et était arrivé à fabriquer un bel objet avec des outils d’un autre âge. Je m’étais dit que ce corps de métier traditionnel devait posséder un savoir ancestral qui, avec le temps, risquait de disparaître.

 

En 1979, j’ai suivi une formation aux Iles Loyauté (Lifou) où existait une section de sculpture d’art mélanésien, mise en place par le Territoire de Nouvelle-Calédonie. Les sculptures étaient réalisées avec des ciseaux posés et percutés avec un maillet.

Je pus accéder ensuite à une formation muséographique en Métropole, de 1982 à 1984, à la Direction des Musées de France. J’ai pu travailler dans les réserves de différents musées nationaux où j’ai eu tout le loisir de contempler les productions des artisans du Pacifique.

Mais c’est en suivant les différents séminaires au Collège Coopératif que j’ai eu le projet de faire un mémoire sur la pratique des charpentiers traditionnels wallisiens appelés tufuga.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/999 2014-04-03 Pierre-Chanel Simutoga Société des Océanistes fr Société des Océanistes
La Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins : 1989-1997 Cet ouvrage se veut un bilan de l'action entreprise par l'État français dans le cadre du rééquilibrage prôné par les Accords de Matignon. L'inégalité entre les ethnies au plan de la scolarisation, du partage du domaine foncier, des équipements, du développement et de l'accès aux services et aux emplois a motivé, au terme d'une crise grave dans les années quatre-vingt, toute une série de mesures afin de promouvoir une répartition plus équitable des ressources, des chances et des pouvoirs entre Kanaks et Européens.

Des premières opérations de rééquilibrage avant la lettre que représente la réforme foncière, jusqu'aux applications les plus récentes des Accords de Matignon, sont ici explorés les divers domaines de l'économie, de la démographie, du foncier, du champ urbain et de la politique en Nouvelle-Calédonie

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/1039 2014-04-03 David Gilbert, Dominique Guillaud et Patrick Pillon Société des Océanistes fr Société des Océanistes
La vie à Tahiti au temps de la reine Pomaré Pomaré n’est, à proprement parler, ni un prénom ni un patronyme ; mais une sorte de nom dynastique s’appliquant aussi bien aux garçons qu’aux filles. Les trois premiers Pomaré furent des hommes. Celle qui va servir de cadre de cette vie quotidienne à Tahiti est une femme, Pomaré Vahine.

La reine Pomaré Vahine IV fut reconnue comme souveraine de Tahiti et des îles de la Société en 1827. Elle mourut à Papeete le 17 septembre 1877.

 

Ainsi, « le temps de la reine Pomaré », englobe-t-il la fin de notre Restauration, le règne de Louis-Philippe, la brève deuxième République, tout le Second Empire et les sept années qui virent à l’Élysée le président Thiers et le maréchal de Mac-Mahon... plus d’un demi-siècle.

Un demi-siècle au cours duquel cette princesse des mers du Sud a intrigué et émerveillé les navigateurs, causé de graves différents diplomatiques entre la France et l’Angleterre et défrayé la chronique, tant à Tahiti qu’en Europe. Les poètes ont chanté cette charmante souveraine. C’est Aïmata, « la reine aux beaux yeux » qui rappelait Meaha, illustrée par Byron. Les chansonniers parisiens ne sont pas les derniers à s’amuser, sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire, de cette reine exotique, qui n’égala pas Victoria pour la longueur du règne mais la dépassa pour la corpulence !

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/914 2014-04-02 Patrick O’Reilly Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Un siècle et demi de contacts culturels à Tanna, Nouvelles-Hébrides Il n’est plus aujourd’hui de partie de la planète que ne signale pas au moins une fois la presse quotidienne rapportant au jour le jour les événements marquant la transformation de mondes sociaux que beaucoup croyaient intangibles.

 

Sur toutes les aires géographiques désignées aujourd’hui par l’euphémisme de « territoires non autonomes », le nationalisme est la clé des événements politiques qui traduisent en violences et en passions l’inégalité des rapports entre les pouvoirs de tutelle et les peuples sujets ou protégés. Mais les aspirations des populations coloniales sont, au moins en principe, aujourd’hui reconnues comme valables. On s’achemine vers leur satisfaction, au travers du processus dialectique qui oscille des mesures libérales aux répressions.

 

Dans les îles « heureuses » de l’Océanie, on penserait que la vie s’écoule au jour le jour, identique à elle-même, sans écho des bouleversements à échelle continentale. C’est là que certains s’imaginent pouvoir retrouver la paix et venir oublier le monde extérieur.

 

Mais, qu’ils soient « au vent » ou « sous le vent », les archipels polynésiens et mélanésiens souffrent de problèmes politiques et sociaux, nés comme partout ailleurs de l’impatience ressentie envers la suprématie détenue encore par les Européens et de ce que les autochtones sont depuis longtemps déjà parvenus au rang de producteurs de matières premières, avec tous les aléas que cela comporte.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/751 2014-04-01 Jean Guiart Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Alexandre Salmon (1820-1866) et sa femme Ariitaimai (1821-1897) Parmi les personnages, qui à des titres divers, jouèrent un rôle de quelque importance à Tahiti à l’époque du Protectorat, il n’en est peut-être pas qui méritent autant de retenir l’attention qu’Alexandre Salmon. L’homme apparaît, aujourd’hui, comme l’un des plus représentatifs de ce temps.

 

Résident anglais, devenu tahitien d’adoption, A. Salmon s’est trouvé intimement mêlé tout au long de sa carrière, de 1842 à 1866, aux événements qui ont caractérisé l’institution et le développement du nouveau régime. Cela, en raison même de ses affinités avec la famille royale et la haute aristocratie du royaume : il avait épousé, dès son arrivée, la petite-fille du grand chef Tati, Ariitaimai, qui était aussi la propre cousine, la sœur d’adoption et l’amie inséparable de la reine Pomare IV.

Par suite de ce concours de circonstances très particulières, il fut amené de bonne heure à prendre une part active aux affaires du pays auquel il s’était profondément attaché et qu’il devait servir jusqu’au bout avec un dévouement absolu.

 

C’est ainsi qu’il contribua puissamment à la demande et à l’établissement du Protectorat français dans l’archipel, selon les propres termes de l’amiral Bruat, gouverneur de Tahiti, qui le vit à l’œuvre et l’utilisa en une période singulièrement difficile.

 

Dans les pages que voici, j’ai cherché à faire revivre cette haute figure d’homme de bien et de parfait citoyen d’une seconde patrie, marquée du sceau de sa fidélité.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/777 2014-04-01 Ernest Salmon Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Mythologie du masque en Nouvelle-Calédonie Le masque néo-calédonien nous a proposé le mystère de son existence réduite à une part seulement de la Grande Terre, et de son lien évident avec les chefferies, au moins dans le nord de la Nouvelle-Calédonie. Ce lien a été montré par Maurice Leenhardt, et, en ce travail, nous n’avons fait qu’en préciser les modalités.

 

La clé du problème, permettant de replacer l’institution du masque dans un ensemble plus vaste, finement structuré, est la déclaration d’Éleisha Nebay : « Le due est toujours le même, mais porte dans chaque famille un nom différent. » On n’avait ainsi plus affaire à une mythologie multiple, anarchique même, mais aux différents avatars d’un seul et même personnage divin.

 

Il convenait de préciser la portée de cette déclaration au moyen de recoupements minutieux, en évitant de la poser en hypothèse de travail.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/815 2014-04-01 Jean Guiart Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Peintres aborigènes d’Australie L’ouvrage ici présenté constitue la confrontation d’une recherche personnelle et indépendante avec une documentation bibliographique et iconographique rassemblée de sources diverses.

Cette entreprise fut orientée différemment au début. Peintre voulant trouver une réponse à la question obsédante “Pourquoi la peinture ?” je me suis tourné vers les arts préhistoriques et ceux appelés primitifs, plus précisément vers la peinture des aborigènes australiens. Le résultat de cette étude comparative est contenu dans un ouvrage, publié en 1962, “Un art à l’état brut”.

 

Toute comparaison qui repose sur des données insuffisamment dégagées est peu satisfaisante pour celui qui l’entreprend avec désir de précision. C’est ainsi que cette tentative n’aura pas de suite, pour l’instant tout au moins.

Au lieu de poursuivre des spéculations d’artiste, j’appliquai alors une méthode quasi juridique – héritage d’études lointaines – à une recherche systématique concernant un art spécifique, entre autres quant à la critique des sources et quant au moyen de la preuve.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/842 2014-04-01 Karel Kupka Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Archéologie des Nouvelles-Hébrides José Garanger, chargé de recherche au C.N.R.S., effectua plusieurs missions archéologiques dans le Pacifique, tant en Polynésie qu'en Mélanésie, sous l'égide du C.N.R.S. et de l'ORSTOM. Il est également chargé de l'enseignement de la préhistoire à l'Université de Paris-Nanterre et secrétaire général de la Société des Océanistes.

L'Archéologie des Nouvelles - Hébrides contient l'essentiel de la thèse de doctorat ès-lettres qu'il soutint récemment en Sorbonne. Le jury qui reçut José Garanger docteur, avec la plus haute distinction, eut l'occasion de signaler, outre ses solides qualités de chercheur, qu'il avait remarquablement su utiliser les mythes hébridais pour y rechercher des données historiques et ainsi "ancrer" ses recherches dans le passé traditionnel de l'archipel.

Des cataclysmes légendaires s'avéraient avoir des confirmations géologiques, de fructueuses recherches permettaient de mettre la main sur les restes de héros légendaires... Dans un texte très dense-, abondamment illustré, complété par une riche bibliographie qu'accompagnent deux index, José Garanger expose les résultats obtenus au cours de dix-huit mois de fouilles dans le centre de l'archipel. Leur intérêt dépasse le simple cadre des Nouvelles-Hébrides et concerne l'ensemble de la préhistoire océanienne. Parmi les problèmes abordés, retenons en particulier les thèmes suivants :

• Typologie et chronologie des diverses traditions céramiques du Pacifique aux Nouvelles-Hébrides, de l'outillage lithique et coquillier, des éléments de parure, des sépultures individuelles et collectives.
• Confirmation, par l'archéologie préhistorique, des contenus historiques de deux grands cycles mytiques.
• Relations avec les autres archipels mélanésiens, la Micronésie et la Polynésie Occidentale.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/859 2014-04-01 José Garanger Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Mythes et traditions de Maré Maré peuple archaïque, Maré peuple sans Histoire, parce que peuple sans écriture ! Et cependant Maré possède trop d’histoires, serait-on plutôt tenté de dire. Je me rappelle mon découragement, vers 1948-1950, lorsque j’eus l’impression en étudiant les traditions locales de vouloir vider un trou sans fond.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/889 2014-04-01 Marie-Joseph Dubois Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Souvenirs des Îles Marquises, 1887-1888 Le témoignage que nous livre, ici, Alfred Testard de Marans date de 1889, peu après son séjour entre 1887 et 1888 en qualité de vice-résident. Il est capital pour ceux qu’intéressent les îles Marquises, qu’ils y résident, y aient séjourné ou souhaitent tout simplement les connaître. C’est le récit d’un homme de qualité tel qu’on l’entendait dans la deuxième partie du xixe siècle. Il est curieux et intéressé par ce qu’il découvre. Il sert dans la Marine nationale et, à ce titre, a déjà connu des pays lointains et considérés comme exotiques, c’est-à-dire caractérisés par l’archaïsme du mode de vie. C’est en érudit et en homme instruit qu’il observe cette population marquisienne. Il livre à notre curiosité une époque postérieure à la deuxième conquête qui eut lieu en 1880, époque qui n’apparaît pas vieillie au regard des écrits rapportés un siècle plus tôt par Cook.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/509 2013-10-25 Alfred Testard de Marans Société des Océanistes fr Société des Océanistes
L’héritage L’ouvrage présenté ici par la Société des Océanistes, dû à la plumé d’Alain Saussol, est le fruit de la révolte d’une conscience honnête et d’un esprit lucide. Tous ceux qui ne sont liés au système colonial par des liens économiques ou politiques savent que la Nouvelle-Calédonie ne sera pas viable tant que n’auront pas été réparées les injustices d’un passé fort lourd, et en premier lieu l’injustice au plan foncier.

Minéralisée à l’extrême, infertile pour sa plus grande part, la terre calédonienne reste pourtant ce pourquoi les hommes sont prêts à s’entretuer. Le système colonial maintenu, quelque peu libéralisé, malgré tout plus ouvert, accepte de privilégier des gens de toutes origines, sociales ou ethniques, pourvu qu’ils ne soient pas mélanésiens et parce qu’on croit pouvoir constituer un bloc de tous les immigrés pour résister à la promotion autochtone.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/563 2013-10-25 Alain Saussol Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Tahiti et l’aviation Remplis qu’ils sont de pirogues circulant à travers les diverses espaces des deux, d’esprits ailés et de messagers des dieux disposant de l’arc-en-ciel pour leurs déplacements terrestres ou intersidéraux, les récits légendaires de la Polynésie française avaient assez bien préparé leurs auditeurs aux exploits de la navigation aérienne des envahisseurs blancs.

Nous avons réuni ici quelques documents d’histoire. Ils permettent de fixer les différentes étapes qui jalonnèrent la route malaisée et cahotante de l’implantation d’un réseau aérien en Polynésie française. Route qui s’est soudain trouvée ouverte et dégagée lors de l’installation des colons de Mururoa – à quelque chose malheur est bon ! – et plaise aux dieux que la Polynésie connaisse de nombreuses retombées aussi bénéfiques ! Hormis donc l’éventualité de perturbations politiques, il est certain que les choses vont maintenant aller plus vite. La lecture de ce petit ouvrage ne manquera sans doute pas de faire sourire celui qui aurait la curiosité d’en tourner les pages aux alentours de l’an 2000.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/624 2013-10-22 Patrick O’Reilly Société des Océanistes fr Société des Océanistes
À la recherche de la Polynésie d’autrefois. Volume 2 Au cours d’une brève visite dans un pays étranger, un observateur intelligent peut, jusqu’à un certain point, reconnaître les besoins intellectuels, moraux, spirituels d’une population, mais c’est seulement par un séjour prolongé parmi eux, que ces besoins peuvent être reconnus avec précision. Nos rapports quotidiens avec la population de Huahine renforcèrent ses appels à notre sympathie et à nos efforts : nos premières entrevues les avaient déjà provoqués.

Toutefois, aussi longtemps que nous sommes restés incapables de nous adresser à eux dans leur propre langue, nous sentions que tout ce que nous pouvions faire, c’était de leur montrer un bon exemple ; mais dès que nous eûmes acquis une connaissance suffisante de la langue indigène pour entreprendre une instruction publique, en même temps que tour à tour, nous nous acquittions de nos obligations régulières à notre station de Pare, nous établîmes des missions en différents points de l’île.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/666 2013-10-22 William Ellis, Marie Sergueiew et Colette de Buyer-Mimeure Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Rapa Les affaires du corps s’opposent aux affaires de l’esprit, le côté aliments au côté croyance. Ce sont là des manières différentes d’exprimer un clivage fondamental de l’existence et de l’univers tels qu’ils sont perçus par les Rapas.

Essentiellement, c’est la distinction entre le profane et le sacré. En d’autres termes, les Rapas incluent dans le « coté nourriture » pae ma’a ou dans le « côté corps » pae tino ces aspects de la vie que nous avons coutume d’appeler économiques, sociaux ou politiques. La religion et la morale appartiennent au « côté esprit », pae varua ou au « côté croyance », paea fa’aro’o.

Ce livre traite du « côté corps » de l’existence à Rapa. J’ai cherché d’une part à décrire l’économie, la société et la vie politique telles qu’elles me sont apparues au cours d’un séjour d’une année en 1964. J’ai organisé ces données de manière à les rendre intelligibles aux lecteurs de chez nous ; cependant j’essaierai, dans la mesure du possible, de montrer en quoi les diverses coutumes, croyances et organisations qui composent le « côté nourriture » sont signifiantes pour les Rapas. En cela nous suivons les préceptes de Malinowski : « Notre objectif est de saisir le point de vue de l’indigène, sa relation avec la vie, de comprendre sa vision de son monde ». C’est Malinowski lui-même qui souligne.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/536 2013-10-21 F. Allan Hanson et Odette Pelloli Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Relations économiques entre Sydney et la Nouvelle-Calédonie, 1844-1860 C’est vers 1840 que l’on commence à porter de l’intérêt aux îles du Pacifique. À cette époque « les Samoa, les Fiji, les Nouvelles-Hébrides et la Nouvelle-Calédonie attirent assez l’attention pour être placées sur la liste des îles visitées par les bateaux de guerre et pour faire l’objet du rapport des consuls ». C’est également vers 1840 que la marine française « achève sa reconnaissance générale de l’Océanie... et que les visées économiques et politiques se font jour ».

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/101 2013-10-08 Georgette Cordier-Rossiaud Société des Océanistes fr Société des Océanistes
Mémoires d’Arii Taimai Malgré la parution ininterrompue de livres, d’articles et d’études sur Tahiti depuis sa découverte – pour la bibliographie qu’il prépare, le Père O’Reilly compte déjà plus de 10 000 fiches – les ouvrages dignes de foi qui nous donnent une description exacte et détaillée de l’ancienne société tahitienne sont très peu nombreux. Les récits de Banks, Cook et Commerson et les rapports des divers membres des trois expéditions espagnoles entre 1772 et 1776 nous fournissent bien sûr des renseignements souvent très précis sur les vêtements, les armes, les outils, les habitations et sur d’autres aspects limités de la culture matérielle des Tahitiens.

Cependant les préjugés et l’optique européenne de ces trois chroniqueurs les rendaient souvent incapables, malgré leur bonne volonté, de bien comprendre les coutumes tahitiennes. Ce qui nous manque surtout ce sont des descriptions de leurs propres cultures et histoire faites, sans intermédiaire, par des savants et historiens tahitiens, sur le modèle, par exemple, des Hawaiian Antiquities de Malo. Même les petits atolls des Tuamotu ont été mieux servis puisqu’il existe parmi les nombreux documents recueillis par les ethnologues du Bishop Muséum dans cet archipel, entre 1929 et 1934, au moins une douzaine de manuscrits de ce genre. Il se peut qu’à Tahiti aussi des individus aux ambitions littéraires aient entrepris la même tâche, après avoir appris à écrire au début du siècle dernier. Mais, quoi qu’il en soit, il n’a été préservé jusqu’à nos jours qu’une seule oeuvre d’un auteur tahitien, à savoir les Mémoires d’Arii Taimai, présentée ici ; encore n’a-t-elle malheureusement pas tout à fait la même authenticité et originalité que les écrits comparables des autres archipels polynésiens. Ceci n’empêche pas ces Mémoires – qui contiennent principalement des légendes, des chants et des généalogies des tribus des Teva – d’être, pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire et à l’ethnologie tahitiennes, une source d’une valeur inestimable.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sdo/117 2013-10-08 Suzanne Lebois, André Lebois, Arii Taimai et Henry Adams Société des Océanistes fr Société des Océanistes