Département des études, de la prospective et des statistiques https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps CC0 contact.deps@culture.gouv.fr Pratiques culturelles en ligne, en France et en Europe Depuis 2007, l’enquête annuelle sur les technologies de l’information et de la communication menée auprès des ménages des différents pays d’Europe permet de connaître le taux d’accès à l’internet et les usages numériques des internautes. En 2014, plus de huit ménages sur dix ont accès à l’internet en France et en Europe, même si le taux d’accès à l’internet à haut débit reste légèrement moindre (77 % des ménages en France), et marqué par un clivage entre les pays du Nord, très équipés, et ceux du Sud et de l’Est de l’Europe, qui le sont significativement moins.
Les usages culturels numériques mesurés par la dernière édition de l’enquête en 2014 sont la lecture de presse en ligne d’une part, la consultation et le téléchargement de films, de musique et de jeux vidéo d’autre part et enfin l’écoute de radio en ligne. L’ensemble de ces usages concerne moins d’un internaute sur deux en France, qui se situe en deçà de la moyenne européenne. Les habitants des pays du Nord de l’Europe se sont largement approprié l’internet pour lire la presse, regarder des films, écouter de la musique, jouer à des jeux vidéo ou encore écouter la radio, tandis que le taux de participation est beaucoup moins important dans les pays du Sud et de l’Est de l’Europe. Si les jeunes générations restent les plus investies dans les pratiques culturelles numériques, l’enquête met en évidence la progression de ces usages parmi les internautes âgés de 55 à 64 ans, en particulier en France.
Moins de la moitié des Français (47 %) ont regardé, écouté, joué en ligne ou téléchargé des films, de la musique, des images ou des jeux, contre 49 % en moyenne européenne ; 34 % des internautes français écoutent la radio en ligne, et 46 % lisent la presse en ligne, ce qui situe la France en queue du classement européen. En France comme en Europe, moins d’un internaute sur quatre réalise des achats de biens culturels en ligne : 15 % d’internautes français achètent des films ou de la musique en ligne en 2014, 21 % des billets de spectacles culturels ou de loisirs et 24 % des livres, des magazines ou du matériel éducatif. Enfin le stockage et le partage de contenus culturels sur le nuage numérique restent peu répandus et concernent près d’un tiers des internautes.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1176 2018-02-23 Roxane Laurent Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
L'insertion professionnelle des diplômés de l'enseignement supérieur Culture L’enseignement supérieur relevant du ministère de la Culture et de la Communication compte une centaine d’établissements dispensant des formations dans les domaines de l’architecture, de l’art, du spectacle, du patrimoine et du cinéma. Ces établissements supérieurs délivrent 44 diplômes de fin de cycle. Parmi les 5 500 étudiants sortants qui ont obtenu l’un de ces diplômes en 2011, l’enquête concerne ceux qui sont entrés dans la vie active.
En 2014, trois ans après leur entrée sur le marché du travail, ils sont 86 % à travailler et huit diplômés sur dix exercent une activité dans le champ de leur diplôme. Le taux d’insertion diffère toutefois selon les filières : si 94 % des diplômés du spectacle sont actifs, ils sont 85 % dans le secteur de l’architecture et 82 % pour les diplômés des arts plastiques.
De même, les conditions d’emploi ne sont pas identiques selon les filières. Trois ans après l’obtention de leur diplôme, les jeunes architectes exercent des emplois stables (71 % des actifs sont salariés), bien rémunérés (en moyenne 23 900 euros net annuels en 2014) et centrés sur leur cœur de métier. Les diplômés des arts plastiques, en revanche, ont des formes d’emploi plus précaires. Ils sont un sur deux à être salarié dont près de la moitié (46 %) sous contrat à durée déterminée. Les diplômés de la filière design et graphisme, les mieux rémunérés, perçoivent en moyenne 20 000 euros annuels nets en 2014, tandis que les diplômés en option art déclarent des revenus beaucoup plus faibles (12 000 euros annuels en moyenne).
Dans le spectacle vivant, les conditions d’emploi varient d’une discipline à l’autre : si les diplômés de la filière musicale sont très majoritairement salariés du secteur public (69 %) et ne comptent que 16 % de bénéficiaires du régime de l’intermittence, ils sont 88 % à bénéficier de ce régime spécifique de protection sociale parmi les diplômés des arts du théâtre, du cirque et des marionnettes. Dans la filière du spectacle, les rémunérations moyennes sont plus faibles (17 200 euros nets annuels).
Enfin, quelles que soient la filière de formation et l’activité exercée trois ans après l’obtention du diplôme, les diplômés de l’enseignement supérieur Culture sont 86 % à s’épanouir dans leur activité professionnelle.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1183 2018-02-23 Anne Darras Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Le poids économique direct de la culture en 2014 En 2014, le poids économique direct de la culture, c’est-à-dire la valeur ajoutée de l’ensemble des branches culturelles, est de 44 milliards d’euros. La part de la culture dans l’ensemble de l’économie (2,3 %) est en baisse et renoue avec son niveau de 1995, après avoir culminé à 2,6 % en 2003. À titre de comparaison, la branche de l’industrie automobile réalisait une valeur ajoutée de 9,8 milliards d’euros en 2013.
À l’origine de cette baisse, la presse, l’architecture et le livre confirment, en 2014, leur déclin économique. Affecté par le poids croissant de l’offre numérique, le commerce de détail se stabilise, mais à un niveau très inférieur à celui de 2007, date à laquelle cette branche amorçait sa chute. L’audiovisuel, le spectacle vivant et le patrimoine connaissent une croissance continue depuis 1995, au point que le spectacle vivant est devenu, après l’audiovisuel, la deuxième branche culturelle en termes de poids économique – devant la presse qui occupait encore cette place au début des années 2000.
Accompagnant ce repli économique, l’emploi est en baisse (- 5 %) par rapport à 2013 dans les branches culturelles, avec un repli des effectifs particulièrement marqué dans le livre et la presse. Totalisant 615 000 emplois en 2014, les branches culturelles représentent 2,4 % de la population active en emploi.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1188 2018-02-23 Tristan Picard Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Auteurs du livre affiliés à l'Agessa : dégradation des perspectives de revenus au fil des générations Depuis la fin des années 1970 et la création du régime social spécifique pour les auteurs de l’écrit, 11 800 auteurs ont été affiliés au moins une fois à l’Agessa, l’organisme de gestion qui leur est dédié. En 2013, ils sont 5 300 à être affiliés, soit 3,4 fois plus que trente ans plus tôt, un accroissement qui s’inscrit dans le mouvement général d’expansion des professions culturelles. Au sein des auteurs de l’écrit, on compte 47 % d’écrivains, 31 % d’illustrateurs et 22 % de traducteurs en 2013. Ce sont ces deux dernières catégories d’auteurs qui ont particulièrement augmenté depuis la fin des années 1990. Les femmes sont de plus en plus présentes et représentent désormais la moitié des auteurs.
Depuis une quinzaine d’années, on entre dans le statut professionnel d’auteur de plus en plus tard et l’âge médian de première affiliation recule : il est de 39 ans en 2013 contre 34 ans en 1980. Pour autant, les durées d’affiliation s’allongent et passent de neuf ans pour la génération d’auteurs affiliés entre 1985 et 1989, à douze ans pour celle affiliée entre 1995 et 1999.
La population des auteurs de l’écrit tend à vieillir sur trente ans, un phénomène qui touche toutes les catégories d’auteurs : plus de la moitié des auteurs affiliés ont plus de 45 ans en 2013, alors que les 18-29 ans forment 4% seulement de l’ensemble de cette population. Si le revenu d’auteur progresse au fil des années d’affiliation, pour atteindre en médiane 25 000 euros (avant impôts) après quinze ans d’affiliation, on observe que les perspectives de revenus se dégradent pour les auteurs affiliés depuis les années 2000. À durée d’affiliation égale, les générations plus jeunes d’auteurs déclarent des niveaux de revenus inférieurs à ceux de leurs aînés au même moment de leur carrière. En conséquence, les jeunes auteurs sont de plus en plus nombreux à ne pouvoir vivre que de la création et à cumuler différentes sources de revenus. Ces résultats pointent la nécessité d’une attention accrue pour la jeune création, afin de veiller au renouvellement de cette profession dans le contexte d’une dynamique économique défavorable.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1194 2018-02-23 Gwendoline Volat Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les représentations de la culture dans la population française Que recouvre le terme de « culture » dans l’esprit des Français, quelles sont les représentations spontanées qui lui sont associées et à quels registres renvoient-elles ? Pour le savoir, et dans la perspective de la reconduite de l’enquête décennale sur les pratiques culturelles des Français réalisée depuis 1970 par le ministère de la Culture et de la Communication, le Département des études, de la prospective et des statistiques a mené, auprès d’un échantillon de 1 500 personnes représentatives de la population française, une étude sur les représentations et les valeurs associées à la culture.
Les évocations spontanées de mots et expressions pour référer à la culture peuvent être regroupées, selon leur proximité sémantique, en 28 registres. Le premier d’entre eux, mobilisé par 41 % des Français, fait référence au savoir et à la connaissance, le deuxième à la littérature et à la lecture et le troisième à la musique et à la danse. Si l’on observe un consensus autour du patrimoine et des arts, mais aussi des voyages, de la science et de la cuisine comme faisant partie de la culture dans tous les cas, des lignes communes de rejet se dessinent également, excluant du champ culturel les émissions de téléréalité et les séries télévisées, les jeux vidéo ou les parcs d’attractions.
Quatre grands types de conception de la culture se dégagent : le libéralisme culturel (tout est culturel), l’éclectisme critique (tout est potentiellement culturel, selon certains critères), le classicisme (le champ culturel n’est pas extensible) et l’attitude contestataire (la vraie culture est ailleurs).
Si les jeunes (15-24 ans) incluent volontiers dans la culture des modes ­d’expression et des formes de culture médiatique, et les femmes un plus grand nombre de contenus et d’activités que les hommes, on observe globalement une faible influence des variables qui déterminent historiquement la participation culturelle, en particulier l’origine sociale. Tout se passe comme si une représentation commune de la culture assez extensive s’était imposée et traversait tous les groupes sociaux.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1199 2018-02-23 Jean-Michel Guy Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
La lente féminisation des professions culturelles Depuis les années 1960, la croissance du taux d’activité féminine est l’une des transformations majeures du monde du travail, et les professions culturelles n’y font pas exception : la part des femmes au sein de ces professions est ainsi passée de 39 % à 43 % de 1991 à 2013. Presque tous les métiers fortement masculins au début des années 1990 comme les métiers d’art, les architectes et les photographes, par exemple, se sont ouverts aux femmes. Pour autant, la part des femmes demeure inférieure à la moyenne nationale, où l’activité féminine atteint 48 % de l’ensemble des professions, un constat qui peut surprendre au regard de la surreprésentation des femmes en termes de participation culturelle.
En se développant, l’emploi féminin a largement épousé les spécificités de l’emploi propres aux professions culturelles, notamment leur plus grande flexibilité : les professionnelles de la culture sont, plus souvent que l’ensemble des actives, non salariées ou salariées sur contrats à durée limitée. Elles travaillent plus souvent à temps partiel, avec des horaires variables et atypiques, en soirée et le week-end.
Surtout, leur accès aux professions artistiques et culturelles conforte la règle de la surqualification des femmes en termes de niveau de diplôme : en 2013, plus d’une active de ces professions sur deux est titulaire d’un diplôme égal ou supérieur à bac + 3, contre 40 % de leurs homologues masculins – une surqualification d’autant plus forte qu’il s’agit de métiers traditionnellement exercés par des hommes.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1203 2018-02-23 Marie Guyon, Frédérique Patureau et Gwendoline Volat Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les cultures juvéniles à l’ère de la globalisation : une approche par le cosmopolitisme esthético-culturel Les œuvres et contenus culturels circulent de manière croissante dans le monde et contribuent à façonner des répertoires et des goûts juvéniles désormais internationalisés. Ainsi la série Game of Thrones, qui a battu tous les records d’audience, Waka waqua, l’hymne de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud en 2010 interprété par Shakira, chanteuse colombienne qui fait carrière aux États-Unis ou encore Naruto, personnage de manga japonais, sont-ils devenus des références partagées par les jeunes Français aujourd’hui, aux côtés d’icônes nationales comme Astérix ou David Guetta.
Mangas, comics, films asiatiques, blockbusters hollywoodiens, cinéma bollywoodien, séries sud-coréennes ou scandinaves et musiques de tous les continents fonctionnent comme autant de fenêtres sur le monde et contribuent à rendre l’étranger familier. Que ce soit dans le domaine de la pop musique, des jeux vidéo, des séries télévisées, de la littérature ou du cinéma, la globalisation des industries culturelles et la circulation croissante des œuvres et des contenus, facilitée par la technologie numérique, sont ainsi des facteurs majeurs de l’internationalisation des répertoires de consommations et des imaginaires culturels des jeunes.
Comment les jeunes construisent-ils leur rapport au monde par l’intermédiaire de biens culturels globalisés ? Cinq configurations de cosmopolitisme esthétique et culturel sont identifiées à partir du degré d’internationalisation des consommations et préférences, du mode linguistique de consommation (français ou langue originale), ainsi que des imaginaires globaux et des valeurs qui leur sont associés. Du cosmopolitisme involontaire lié à la consommation de la production culturelle mainstream, à des formes plus engagées d’ouverture (cosmopolitisme sectoriel et principiel), mais aussi de la préférence culturelle nationale à l’impossible cosmopolitisme, les consommations culturelles des jeunes leur confèrent des ressources et des compétences et dessinent des rapports au monde contemporain variés où le cosmopolitisme ordinaire devient une norme inclusive de bon goût générationnel.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1208 2018-02-23 Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Le poids économique direct de la culture en 2015 En 2015, le poids économique direct de la culture, c’est-à-dire la valeur ajoutée de l’ensemble des branches culturelles, est de 43 milliards d’euros. La part de la culture dans l’ensemble de l’économie (2,2 %) est en baisse et représente la valeur minimale de ce poids en vingt ans. À titre de comparaison, la branche hébergement et restauration réalise une valeur ajoutée de 55 milliards d’euros en 2015.
Par rapport à 2008, la croissance des branches culturelles est nulle, ce qui s’explique par les différentes crises structurelles touchant l’architecture (- 2,3 % par an depuis 2008), la presse et le livre (respectivement - 2,1 % et - 1,7 % par an) ainsi que les agences de publicité (- 1,5 % par an). À l’inverse, certains secteurs sont en pleine croissance, notamment l’audiovisuel (+ 1,7 % par an) et le patrimoine (+ 2,8 % par an). L’audiovisuel et le spectacle vivant restent les deux premières branches culturelles en termes de poids économique et représentent, ensemble, 44 % de la valeur ajoutée des branches culturelles.
Conséquence de cette croissance en berne, l’emploi culturel continue de baisser (- 3,6 % par rapport à 2014) et passe sous les 600 000 emplois. Depuis 2011, les branches culturelles ont perdu 80 000 emplois.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1213 2018-02-23 Tristan Picard Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Retraites des salariés intermittents des spectacles Près de 14 000 retraités des spectacles perçoivent aujourd’hui une pension de retraite au terme d’un parcours professionnel marqué par l’intermittence. Depuis 1989, le nombre de retraités des spectacles a fortement progressé, suivant en cela l’évolution des effectifs intermittents au cours des trente dernières années. Les intermittents des spectacles dépendent du régime général pour leur retraite de base et disposent d’une retraite complémentaire, servie par Audiens.

Les retraités des spectacles prennent en moyenne leur retraite à 62 ans, et l’immense majorité d’entre eux (93 %) bénéficient d’une pension de retraite générale à taux plein. En 2009, le montant annuel moyen de la pension totale versée aux anciens salariés intermittents des spectacles est de 18 180 euros, soit 1 520 euros mensuels.

Le montant moyen des pensions totales diminue, du fait de l’érosion des retraites de base et complémentaires dont le montant baisse à mesure que les flux d’entrée en jouissance de la retraite se succèdent. Un nouveau retraité de 2009 touche ainsi une pension inférieure de 10 % à celle d’un nouveau retraité de 1999. La baisse de la pension de base s’explique essentiellement par la diminution du salaire annuel de référence servant de base au calcul de son montant.
Les retraites complémentaires, gérées par des institutions différentes selon la catégorie professionnelle (Agirc pour les cadres, Arcco pour les artistes et non cadres) évoluent de façon plus contrastée. Si elles diminuent globalement, elles s’améliorent pour certaines catégories comme les artistes, jouant ainsi un effet compensateur de la baisse de la pension de base.
Enfin, l’évolution des retraites sur vingt ans révèle de profondes inégalités non seulement intergénérationnelles mais aussi interprofessionnelles et de genre : les retraites totales des artistes et des non-cadres ayant pris leur retraite en 2009 sont inférieures de près de 13 000 euros annuels à celles des cadres. En outre, les femmes intermittentes des spectacles partent généralement à la retraite un peu plus tard que les hommes et touchent des pensions d’un montant inférieur, ce qui reflète des différences de carrières salariales défavorables aux femmes. On relève toutefois une réduction des inégalités de genre à la retraite, liées davantage à une dégradation des pensions des hommes qu’à une amélioration de celles des femmes.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1219 2018-02-23 Vincent Cardon Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Dépenses culturelles des collectivités territoriales : 9,3 milliards d'euros en 2014 Les dépenses culturelles des collectivités territoriales s’élèvent à 9,3 milliards d’euros, soit 143 euros par habitant en 2014. L’ensemble des communes et de leurs groupements réalisent plus des trois quarts du total des dépenses culturelles des collectivités territoriales (77 %, soit 7,2 milliards d’euros). Les départements contribuent à hauteur de près de 1,4 milliard d’euros (15 %) et les régions pour un peu moins de 800 millions d’euros (8 %). Pour la première fois, la contribution des communes de 3 500 à 10 000 habitants et de leurs groupements à fiscalité propre a pu être prise en compte dans l’enquête : leurs dépenses culturelles représentent près de 1,1 milliard d’euros.
L’effort culturel des communes et de leurs intercommunalités, soit la part financière que les collectivités consacrent à la culture dans leurs budgets globaux, est plus élevé en moyenne que celui des départements et des régions, respectivement 7,5 %, 1,8 % et 2,7 %.
La majorité (56 %) des dépenses culturelles territoriales bénéficient au soutien à la création et à la diffusion artistique (pour 5,2 milliards d’euros), la conservation et la diffusion patrimoniale recevant près de 40 % des dépenses totales (soit 3,6 milliards d’euros). Communes et intercommunalités financent en priorité les équipements et services culturels de proximité pour leurs habitants, comme en témoigne l’importance des dépenses consacrées aux bibliothèques et médiathèques, à l’action culturelle et à la création et diffusion des spectacles vivants (musique, art lyrique, danse, théâtre…) dont une partie est dévolue aux établissements d’enseignement artistique (conservatoires, écoles d’art, etc.).
Dotés d’une compétence obligatoire en matière d’archives et de bibliothèques départementales, les départements orientent leurs dépenses culturelles vers les patrimoines. Les régions, enfin, consacrent plus des deux tiers de leurs dépenses culturelles totales aux activités culturelles et artistiques, essentiellement sous forme de subventions.
Si les dépenses culturelles des collectivités territoriales sont dans l’ensemble relativement stables depuis 2010 (+ 1 % à champ constant), elles n’ont pas évolué de la même façon selon les collectivités : les régions (+ 6 %) et surtout les intercommunalités (+ 26 %) ont été dynamiques, tandis que les dépenses culturelles des communes et celles des départements ont en revanche diminué (respectivement - 2 % et - 9 %).

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/1224 2018-02-23 Jean-Cédric Delvainquière et François Tugores Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les Premiers Principes de l’analyse d’impact économique local d’une activité culturelle L’impact économique local d’un équipement ou d’un événement culturel est attribuable aux dépenses de ceux qui les fréquentent. Il ne peut être solidement estimé qu’en respectant, une fois compris ce qu’il mesure, plusieurs premières règles de méthode : utilisation d’un modèle économique local ad hoc, exclusion de plusieurs types de dépenses, prise en considération de ses coûts. Cette estimation faite, les résultats ne peuvent toutefois être utilisés qu’avec prudence pour motiver la subvention publique locale à une activité culturelle. Cette note détaille les raisons justifiant cette attitude.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/324 2015-09-21 Yann Nicolas Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Une mesure de la diversité des marchés du film en salles et en vidéogrammes en France et en Europe La question de la diversité culturelle est abordée sous l’angle de la mesure de la diversité du marché du film en salles et du film en vidéogrammes au cours des années 2000, sur la base d’un échantillon inédit de 5 600 films diffusés en salles et de 6 500 films enregistrés en vidéogrammes. La méthode retenue consiste, pour les deux marchés, à mesurer la diversité à partir des critères de variété, d’équilibre et de disparité. Des éléments d’appréciation de l’offre (films), de la distribution (copies) et de la demande (nombre de billets ou de vidéogrammes vendus) sont proposés pour six pays d’Europe : France, Danemark, Espagne, Pologne, Royaume-Uni, Suède. Le marché du film en vidéo se limite à la mesure du cas français. La méthode testée tend à montrer que la France est le pays où le marché du film en salles est le plus diversifié, mais que le marché du film en vidéo est beaucoup moins diversifié. Elle confirme les différences de diversité selon les circuits de commercialisation et, plus inédit, le niveau élevé de diversité du marché du film en vidéo sur l’internet.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/327 2015-09-21 Florence Lévy-Hartmann Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Pratiques culturelles, 1973-2008 L’enquête Pratiques culturelles des Français, réalisée depuis 1973 par le ministère de la Culture et de la Communication, mesure les taux de pénétration, au sein de la population française, des principales formes d’accès à la culture. Comparer des données d’enquêtes sociologiques produites depuis trente-cinq ans à intervalle d’une décennie environ requiert plusieurs précautions méthodologiques à mettre en œuvre pour l’analyse des données. Il convient de tenir compte des évolutions structurelles de la société aux plans démographique, économique et social et de distinguer les effets d’époque, de génération et d’offre. Ensuite, les pratiques culturelles elles-mêmes, et plus généralement les modes d’accès à la culture se sont transformés depuis trente-cinq ans, notamment sous l’effet des innovations technologiques. Enfin, le document revient sur l’interprétation des processus souvent convoqués pour analyser l’évolution des pratiques culturelles : féminisation, élitisation ou démocratisation, juvénilisation.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/330 2015-09-21 Olivier Donnat Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Conceptualisation statistique du champ de la culture La définition du champ statistique de la culture a fait l’objet de travaux européens de 2009 à 2011, après que les nomenclatures nationales (nomenclature d’activités françaises, NAF Rév. 2) et européenne (nomenclature statistique des activités économiques dans la Communauté européenne, NACE Rév. 2) ont été rénovées en 2008. Sous l’égide d’Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne, un groupe de travail européen (Task Force 1) a conçu la structure du nouveau cadre statistique européen constitué d’une trentaine d’activités culturelles, dans un souci d’harmonisation des outils méthodologiques et pour garantir une meilleure comparabilité des résultats publiés. Le cadre européen s’insère dans le cadre international défini par l’Unesco pour les statistiques culturelles et croise dix domaines culturels – patrimoine culturel, archives, bibliothèques, livre et presse, arts plastiques, audiovisuel et multimédia, architecture, création publicitaire, artisanat d’art – avec six fonctions économiques : création, production et édition, diffusion et commercialisation, conservation, formation, administration et management culturels. La publication revient sur les différentes nomenclatures existantes en France, en Europe et à l’échelon international et précise leur principe d’emboîtement. Publiée conjointement dans la collection « Culture études » du DEPS, Approche statistique européenne de la culture est la synthèse des travaux du réseau européen de statistique ESSnet-Culture et vient compléter utilement le présent document méthodologique.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/333 2015-09-21 Valérie Deroin Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Évaluation des politiques publiques : trois illustrations dans le champ culturel L’évaluation des politiques publiques permet de mesurer l’effectivité de la mise en œuvre d’une mesure et son efficacité, évaluée selon les objectifs définis et justifiant l’intervention publique. Les méthodologies d’évaluation des politiques publiques peuvent être de différentes natures et les sciences économiques disposent d’outils permettant une évaluation d’ordre économétrique. Comparer directement les bénéficiaires et les non-bénéficiaires d’une mesure fournit une évaluation biaisée dans la mesure où ces deux groupes ont en général des caractéristiques différentes. Les méthodes économétriques ont en commun de résoudre ce problème en permettant de raisonner « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire d’isoler l’effet de la mesure afin d’en apprécier l’impact propre. Conformément au modèle causal de Rubin, l’évaluation consiste ainsi à comparer la situation que l’on peut observer avec celle que l’on observerait en l’absence d’intervention publique. Cette dernière, appelée situation contrefactuelle, est fondamentalement inobservable et tout l’enjeu des méthodes économétriques est d’en fournir une estimation la plus précise possible. Les trois outils les plus classiques sont présentés ici et illustrés par trois dispositifs d’intervention publique dans le champ de la culture : le label LIR, le dispositif École et cinéma et le crédit d’impôt audiovisuel. Dans le cas du label LIR, il est proposé d’évaluer si le label a permis à certaines librairies d’améliorer leur taux de rentabilité. Le label LIR permet d’exposer théoriquement la méthode des différences de différences ou estimateur en double différences, qui consiste à comparer avant et après la création du label les librairies labellisées et non labellisées pour évaluer son efficacité. Avec le dispositif École et cinéma, l’évaluateur se demande si le programme a permis de développer le goût des enfants pour le cinéma en analysant le taux de fréquentation annuelle des salles obscures des jeunes adultes. École et cinéma permet d’illustrer la méthode des variables instrumentales qui consiste à utiliser une source de variation exogène qui n’a pas d’effet direct sur le nombre d’entrées au cinéma des jeunes adultes mais qui explique la participation au programme de ces jeunes à l’école primaire. Enfin, la méthode de la régression avec discontinuité est proposée pour l’évaluation du crédit d’impôt audiovisuel afin d’analyser l’objectif de localisation française des dépenses de production en mesurant le nombre de jours de tournage sur le sol français des sociétés de production. Cette méthode consiste à profiter de l’existence d’un score de sélection des participants au programme, et de restreindre l’évaluation au voisinage du seuil donnant l’accès au crédit d’impôt afin de mimer une affectation aléatoire des individus dans le programme. Plutôt qu’une évaluation des dispositifs proposés ici à titre illustratif, cette publication vise à exposer des outils encore peu mobilisés pour l’évaluation de politiques culturelles.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/336 2015-09-21 Thibault Brodaty Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Prospective du commerce physique de biens culturels Si le commerce physique des biens culturels reste le maillon économique central de l’économie de la création, quel est son avenir dans le contexte de la révolution numérique qui tend à déstructurer les filières par le double effet de la dématérialisation des contenus culturels et de la migration d’une partie de l’offre et des transactions dans l’univers numérique ? L’exercice prospectif à court terme (horizon 2015) tente, à partir de l’identification des tendances lourdes et de l’observation des stratégies actuelles d’adaptation des acteurs, d’envisager trois scénarios d’évolution des filières dans quatre secteurs culturels : musique enregistrée, livre, jeu vidéo et films en vidéo.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/372 2015-09-21 Philippe Moati Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Modèles économiques d’un marché naissant : le livre numérique Alors que le marché du livre numérique est encore balbutiant en France et représente moins de 1% du chiffre d’affaires des éditeurs, les stratégies commerciales mises en œuvre par les acteurs traditionnels de la chaîne du livre et par de nouveaux entrants permettent d’esquisser différentes configurations des marchés du livre numérique. La dématérialisation induit des mutations qui auront des conséquences sur l’ensemble de la filière : disparition et apparition d’acteurs, perte, création et déplacement de valeur, restructuration industrielle. Les enjeux de marché, soumis à certaines contraintes techniques comme celle de l’interopérabilité entre normes de fichiers et matériels de lecture, dépendent aussi du maintien ou de l’évolution de la législation régissant le commerce du livre en France : droits de propriété intellectuelle, fiscalité, mode de fixation du prix. Cette photographie cherche à synthétiser les futurs possibles de l’économie du livre numérique.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/376 2015-09-21 Françoise Benhamou et Olivia Guillon Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
L’invention de la prospective culturelle Ce numéro de « Culture Prospective » est une anthologie de plusieurs textes d’Augustin Girard, fondateur du DEPS et observateur avisé de l’économie et la sociologie de la culture en France. Ces onze textes, qui parcourent la seconde moitié du XXème siècle de 1965 à 1997, permettent de découvrir le parcours et les idées d’Augustin Girard mais également de suivre l’évolution de l’activité prospective dans le secteur culturel. 

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/381 2015-09-21 Augustin Girard Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Enjeux intellectuels de la diversité culturelle Inscrite au fondement de la déclaration universelle de l’Unesco en 2001 puis reprise dans l’agenda européen, la diversité culturelle est une notion apparue dès la fin des années 1960, avec la reconnaissance des cultures indigènes des nations décolonisées. La présente contribution propose un parcours critique chronologique de la notion depuis son apparition dans la littérature académique économique et des sciences de la communication. Elle montre notamment comment, selon le contexte, l’argument de la diversité culturelle peut servir à la défense politique du protectionnisme culturel ou trouver sa force dans les bienfaits du libre-échange culturel.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/388 2015-09-21 Tristan Mattelart Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Pratiques culturelles chez les jeunes et institutions de transmission : un choc de cultures ? Avec la révolution numérique, les usages culturels évoluent, particulièrement dans les générations des digital natives, jeunes familiers des technologies de l’information et de la communication. Pour autant, les nouveaux usages culturels des jeunes (10-24 ans) ne sont pas exclusifs : les pratiques artistiques amateurs, la fréquentation des équipements culturels et la consommation médiatique se maintiennent auprès des jeunes générations où l’usage de l’internet apparaît lié à un intérêt plus global pour la culture et l’information. Le genre, l’âge et l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle demeurent des variables significatives. C’est du côté des instances de transmission – la famille, l’école et les institutions culturelles – que les évolutions sont les plus notables : celles-ci interrogent les instances de transmission (famille, école, équipements culturels) à repenser leurs modes d’action, qu’il s’agisse de transmission familiale, du lien entre culture et savoir ou encore de médiation.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/392 2015-09-21 Sylvie Octobre Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Longue traîne : levier numérique de la diversité culturelle ? En 2004, le rédacteur en chef du magazine Wired, Chris Anderson, lance l’hypothèse que l’internet permet de rassembler virtuellement des publics dispersés pour des produits culturels qui ne sont jamais amortis, du fait de l’étroitesse de leurs marchés. L’agrégation des ventes de ces produits deviendrait alors rentable. Cette hypothèse, baptisée la longue traîne, a séduit et ouvert des perspectives nouvelles aux marchés des biens culturels, nourrissant l’idée que les sites de ventes en ligne constitueraient une chance pour la diversité culturelle. Le présent article fait le point, à partir des résultats de publications académiques et de deux études inédites, sur les premières vérifications de l’hypothèse de la longue traîne. Les auteurs soulignent que, malgré son caractère séduisant, les données ne confortent qu’à la marge l’hypothèse formulée par Chris Anderson.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/395 2015-09-21 Pierre-Jean Benghozi et Françoise Benhamou Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Emploi, bénévolat et financement des associations culturelles In 2011, one in five associations were engaged in cultural activity. Of these 267,000 cultural associations, 35,100 employed at least one paid worker, with the rest being supported by a purely voluntary workforce. Cultural asso- ciations employ some 169,000 paid workers, representing 9.4% of all paid association employees. Just as is the case for businesses, those in paid employment at cultural associations are more frequently employed on short-term contracts and have a higher level of education than those in paid employment in other sectors. Cultural associations with a paid workforce employ an average of five paid workers, less than half the overall average.
Associations also rely on voluntary workers, who are thus not remunerated for their time. Cultural associations employ the equivalent of 189,000 full-time jobs on a voluntary basis. Cultural associations have an average of around 18 vol- untary workers, slightly less than the overall average. Voluntary workers at non-wage-paying associations each put in an average of 63 hours per year, and 86 hours per year at wage-paying associations, also lower than average.
In 2011, the total budget for all cultural associations was calculated at €8.3 billion. In monetary terms, cultural asso- ciations are worth more or less the same in terms of jobs as within the associative economy as a whole, i.e. 9.7%. The average cultural association’s budget is €31,000, less than half the average association’s budget, due to their smaller size.
Cultural associations are less dependent on public finance (40%) than the average (49%). More specifically, they have less access to public procurement and their financing generally comes in the form of subsidies. Municipalities are, more than for the other associative sectors, behind a large proportion of subsidies, particularly for those associations which do not have paid employees.
The majority of cultural associations play a major or secondary role in either organising or hosting live entertain- ment. On average they have fewer paid employees than those in other cultural activities, lower budgets and rely more on voluntary workers.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/448 2015-09-21 Valérie Deroin Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les industries culturelles en France et en Europe : points de repère et de comparaison En 2011, la part des industries culturelles (audiovisuel et multimédia, activités liées au livre et à la presse, services des agences de publicité) dans l’ensemble de l’économie marchande est de 2,6 % en France, l’une des plus élevées d’Europe. Supérieure à celle de l’Allemagne (2,1 %), elle reste toutefois inférieure à celle des industries culturelles au Royaume-Uni (3,2 %).
En France, l’audiovisuel et le multimédia contribuent majoritairement à l’activité des industries culturelles, à la différence de l’Allemagne et du Royaume- Uni où le livre et la presse prédominent. Certaines activités françaises comme le jeu vidéo, la production et la postproduction de films cinématographiques, de vidéos et de programmes télévisés contribuent pour plus d’un tiers de l’ensemble de l’activité au niveau européen. Les agences de presse sont en revanche principalement anglaises, tandis que l’Allemagne occupe une place très importante dans les secteurs du disque, de la radio et des journaux.
Comme dans tous les secteurs de l’économie marchande, la rentabilité des entreprises culturelles françaises, mesurée ici par leur taux de marge, est plus faible que celle de l’ensemble des entreprises européennes, du fait de coûts pesant sur les facteurs de production. Les secteurs de la presse et les agences de publicité présentent des taux de marge particulièrement faibles. Selon cet indicateur, les jeux vidéo et la production de films sont les secteurs culturels français les plus rentables, tandis qu’en Allemagne et au Royaume-Uni, ce sont plutôt les activités liées à la presse, et en Italie celles liées à la musique.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/452 2015-09-21 Roxane Laurent Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Vingt ans d’évolution de l’emploi dans les professions culturelles (1991-2011) Au cours des vingt dernières années, les effectifs en emploi des professions culturelles ont connu une expansion exceptionnelle, bien plus importante que celle de l’ensemble des actifs.
Le profil des personnes qui exercent ces professions et celui des emplois qu’elles occupent présentaient, au début des années 1990 tout comme aujourd’hui, certaines caractéristiques d’ensemble qui distinguent cette population professionnelle du reste des actifs, au-delà de la grande diversité des métiers qu’elle rassemble. C’est ainsi une population plutôt plus jeune que la moyenne des actifs, plus masculine, nettement plus diplômée et plus francilienne. L’emploi y est globalement marqué à la fois par le poids important, constant depuis vingt ans, du non-salariat (trois fois plus que dans l’ensemble de la population active) et par une plus grande flexibilité du salariat (davantage de contrats courts, de temps partiel et de pluriactivité). Pour autant, les professions culturelles ne sont pas restées imperméables à certaines évolutions qui ont marqué l’ensemble du monde du travail depuis le début des années 1990. Le mouvement continu de féminisation des emplois, par exemple, s’y est opéré dans les mêmes proportions que dans l’ensemble de la population active, amenant certaines professions culturelles traditionnellement très masculines à connaître un doublement de la part de leurs effectifs féminins en vingt ans.

En outre, les efforts des politiques publiques de décentralisation ont conduit à une légère atténuation de la concentration francilienne de ces professions. D’autres évolutions communes à l’ensemble des actifs comme l’élévation continue du niveau de diplôme et le développement de la flexibilité de l’emploi – deux caractéristiques attachées de longue date au monde de l’emploi culturel – ont continué à s’y développer, dans des proportions toujours supérieures à celles observées dans le reste de la population active.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/457 2015-09-21 Frédérique Patureau et Marie Gouyon Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Le poids économique direct de la culture en 2013 En 2013, le poids économique direct de la culture, c’est-à-dire la valeur ajoutée de l’ensemble des branches culturelles est de 44 milliards d’euros. Il ne prend pas en compte les retombées économiques indirectes ou induites par la culture comme le tourisme, par exemple.
Cela correspond à une part de la culture dans l’ensemble de l’économie de 2,3 %, en légère baisse par rapport à 2012. Contribue à cette baisse relative en 2013 le recul du volume de l’activité dans les branches fortement exposées à la concurrence (architecture, agences de publi- cité, audiovisuel) ainsi que dans les branches de la presse et du livre. Inversement, la part des branches à forte composante non marchande augmente (spectacle vivant, patrimoine), surtout du fait de la hausse de leurs prix. Parmi les branches les plus touchées par la crise en 2013, les branches de l’audiovisuel et les agences de publicité connaissent un retour à la croissance de leur chiffre d’affaires début 2014, contrairement à celles de l’architecture ou des activités photographiques. Par ailleurs, le retournement à la hausse des prix à la production des entreprises d’édition de livres et de revues se confirme.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/463 2015-09-21 Xavier Niel et Yves Jauneau Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les femmes dans la création audiovisuelle et de spectacle vivant En 2011, les femmes représentent 29 % des auteurs de la SACD et reçoivent 24 % des droits versés. Une femme perçoit ainsi, en 2011, un revenu moyen inférieur de 24 % à celui d’un homme.
Les écarts de droits versés entre femmes et hommes trouvent plusieurs éléments d’explication : les femmes participent à moins d’œuvres que les hommes, en particulier dans le cinéma, le théâtre et les arts de la rue. Elles n’exercent pas non plus les mêmes fonctions, et sont ainsi plus souvent auteurs de texte ou chorégraphes que réalisatrices ou compositrices. À discipline et fonction égales, les écarts de rémunération sont pratiquement inexistants dans la radio et la télévision, mais subsistent dans le cinéma et le spectacle vivant : ces écarts persistants peuvent être liés à d’autres facteurs comme, par exemple, une fréquentation des spectacles ou une programmation des œuvres moins importante, dans des lieux de représentation ou sur des canaux de diffusion différents et à des horaires moins favorables.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/469 2015-09-21 Marie Gouyon Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les dépenses culturelles des collectivités territoriales en 2010 : 7,6 milliards d’euros pour la culture En 2010, les dépenses culturelles des collectivités territoriales (régions, départements, communes de plus de 10 000 habitants et leurs groupements, DOM compris) se sont élevées à 7,6 milliards d’euros soit 118 euros par habitant. Les communes et leurs groupements assument près des trois quarts (73 %) de ces dépenses (respectivement 4,6 milliards et 1 milliard d’euros), les départements 18 % (soit 1,4 milliard) et les régions 9 % (0,7 milliard). Ces dépenses représentent en moyenne une part plus élevée des dépenses totales des communes et de leurs groupements (8,0 % et 7,0 %) que de celles des régions (2,7 %) et des départements (2,1 %).
Par rapport à 2006, année de la précédente édition de l’enquête, les dépenses culturelles territoriales ont progressé de près de 10 % soit + 2,3 % par an en France métropolitaine. Progressant quasiment au même rythme que l’inflation (+ 1,4 % par an), les dépenses culturelles des communes ont plutôt stagné en volume, mais le nombre de groupements de communes actifs dans le domaine culturel a progressé et leurs dépenses culturelles ont augmenté de 6 % par an. L’évolution des dépenses culturelles des départements et des régions est légèrement supérieure à l’inflation pour les départements (+ 1,8% par an), plus significative pour les régions (+ 4,5 % par an) et tient surtout à une forte progression en début de période. L’effort culturel des départements et des régions s’est ensuite contracté en raison d’une plus forte progression des dépenses totales, liée aux transferts de compétences. Le soutien à l’expression artistique et aux activités culturelles regroupe près de 60 % des dépenses des communes et de leurs groupements (4,3 milliards d’euros), en grande partie des dépenses de fonctionnement (85 %). Départements et régions se sont investis de manière croissante dans le patrimoine, qui représente 59 % des dépenses culturelles départementales et 23 % des dépenses culturelles régionales en 2010. Plus impliqué dans la gestion souvent directe de services et d’équipements culturels de proximité (bibliothèques, conservatoires et écoles d’art, musées, etc. ), le bloc communal consacre plus de la moitié de ses dépenses culturelles de fonctionnement à la rémunération des personnels, pour près de 2,5 milliards d’euros. Ce sont toutefois les subventions culturelles de fonctionnement qui ont le plus progressé (+ 5 % par an pour les communes métropolitaines entre 2006 et 2010), en particulier au bénéfice des théâtres et des arts plastiques. À l’inverse, les subventions représentent plus de 80 % des dépenses culturelles des régions. Elles soutiennent, pour leur fonctionnement, des bénéficiaires de droit privé, notamment associatifs, et l’effort d’investissement culturel des communes et de leurs groupements.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/474 2015-09-21 Jean-Cédric Delvainquière, François Tugores, Nicolas Laroche et Benoit Jourdan Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Tendances de l’emploi dans le spectacle En vingt ans, le nombre d’artistes et de techniciens de l’audiovisuel et du spectacle vivant a doublé. Portée par le développement de l’emploi salarié intermittent, cette croissance des effectifs s’est inscrite dans un marché du travail extrêmement dynamique en termes de créations d’entreprises (tout particulièrement dans le spectacle vivant) et de volume de travail offert. Pour autant, la croissance des effectifs professionnels s’est effectuée à un rythme plus soutenu que celui de l’offre d’emploi, instaurant une dégradation des situations individuelles mesurée par la baisse de près d’un quart du volume annuel de travail et des rémunérations au cours des années 1990. Après quelques années de stabilisation, la reprise de la croissance des effectifs renoue, depuis 2008, avec cette tendance de longue durée au resserrement de l’activité et des revenus.
Artistes et techniciens intermittents ne sont pas touchés de la même façon par ces évolutions. En 2009, un artiste intermittent déclare en moyenne 44 jours de travail annuel pour une rémunération brute de 9 200 euros, et un technicien intermittent déclare 82 jours de travail annuel pour une rémunération moyenne de 16 600 euros. Les artistes enregistrent donc des durées annuelles moyennes de travail et des volumes de rémunération très inférieurs à ceux des personnels techniques ; la part des indemnités chômage est aussi, de ce fait, beaucoup plus importante dans leur revenu global. En vingt ans, la flexibilité de l’emploi s’est fortement accrue : les durées de travail se sont fractionnées en un nombre plus important de contrats de travail de courte durée. Là encore, les situations des artistes et des techniciens sont différentes : en 2009, un artiste déclare en moyenne 15 contrats de travail dans l’année contre 7 en 1990, pour une durée moyenne de 3 jours en 2009, contre 10 jours vingt ans plus tôt. Un technicien du spectacle, de son côté, déclare en moyenne 14 contrats de travail dans l’année contre 6 en 1990, pour une durée moyenne de 6 jours en 2009, contre 14 jours vingt ans plus tôt.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/482 2015-09-21 Marie Gouyon et Frédérique Patureau Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les activités marchandes de spectacle vivant en 2010 En 2010, les entreprises marchandes qui exercent leurs activités dans les secteurs des arts du spectacle vivant, dans le soutien au spectacle vivant et dans la gestion des salles de spectacles réalisent un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et dégagent une valeur ajoutée de près de 1,5 milliard d’euros.
L’intégration nouvelle de ces secteurs du spectacle vivant dans le dispositif des statistiques structurelles d’entreprises de l’Insee permet de les situer dans l’économie marchande française : ainsi les entreprises du spectacle vivant, hors unités majoritairement subventionnées qui sont non marchandes et associations non-employeuses, contribuent à 11 % du nombre des unités des secteurs culturels marchands, à 5 % de leur valeur ajoutée et à 3 % de leur excédent brut d’exploitation. La rentabilité comptable des secteurs du spectacle vivant est positive en 2010, alors que leurs charges d’exploitation sont élevées et leur taux de marge relativement inférieur à la moyenne des secteurs culturels marchands. Les secteurs du spectacle vivant marchand sont composés d’un tissu important de petites entreprises principalement installées en Île-de-France : 96 % des entreprises de moins de 10 salariés réalisent 56 % du chiffre d’affaires total par l’exercice de leur activité principale de création, production, diffusion et soutien au spectacle vivant.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/487 2015-09-21 Valérie Deroin Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques
Les ménages et les technologies de l’information et de la communication (TIC) en France et en Europe en 2012 Depuis dix ans, l’accès aux équipements et aux technologies numériques des ménages a fortement évolué : en 2002, deux ménages sur dix en France avaient accès à l’internet, ils sont huit sur dix en 2012, soit un peu plus que la moyenne de l’Union européenne (Les résultats de cette publication sont issus de la base de données d’Eurostat « Statistiques sur la société de l’information »). La couverture numérique du territoire se développe grâce aux développements technologiques et s’inscrit aussi dans des stratégies sociales et économiques, tant au niveau national qu’européen. Cependant, les disparités d’usages numériques en termes d’âge, de situation familiale et de niveau de diplôme subsistent.
L’internet mobile s’installe, en particulier auprès des plus jeunes. Les activités de communication et de recherche d’informations sont toujours largement répandues, en France comme dans l’ensemble de l’Union européenne des 27 (Par commodité, lorsqu’il sera fait mention de l’Europe dans la suite du texte, on renvoie bien à l’Union européenne des 27 pays qui la composent en 2012). Des spécificités nationales s’observent cependant : les internautes (Internaute : individu qui s’est connecté à l’internet au cours des trois derniers mois) résidant en France pratiquent moins d’activités culturelles en ligne et commandent plus rarement des biens ou des services culturels par l’internet que les internautes résidant dans les autres pays européens.

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https://0-books-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/deps/492 2015-09-21 Valérie Deroin Département des études, de la prospective et des statistiques fr Département des études, de la prospective et des statistiques